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Street art : 500 000 personnes à la chasse au trésor des mosaïques d'Invader

Depuis la fin des années 1990, le street artist anonyme Invader parsème les rues des grandes métropoles de ses célèbres mosaïques inspirées du jeu vidéo "Space Invaders". Une œuvre désormais à l'origine de chasses au trésor – et par ailleurs visible jusqu'au 20 septembre au Petit Palais, à Paris, au sein de l'exposition "WE ARE [still] HERE".

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Image de couverture : Une mosaïque réalisée par le mystérieux artiste de rue français connu sous le nom d'Invader, le 7 août 2024 sur les rives de la Seine, à Paris. © John Leicester, AP

Des petits aliens en pixels. Inspirées du jeu vidéo culte des années 1980 "Space Invaders", ces mosaïques colorées sont devenues la signature de l'artiste. Depuis la fin des années 1990, Invader les colle discrètement sur les façades parisiennes, le plus souvent de nuit et sans autorisation.

Aujourd'hui, plus de 4 400 de ses œuvres parsèment les grandes métropoles du monde. Certaines d'entre elles s'invitent en ce moment au Petit Palais, où Invader participe à l'exposition "WE ARE [still] HERE", qui réunit 75 street artists jusqu'au 20 septembre.

Créée en 2014, l'application FlashInvaders a lancé une chasse au trésor mondiale des mosaïques de l'artiste. Le principe est simple : photographier ses œuvres pour les ajouter à une collection virtuelle et gagner des points.

"Un artisanat qui date de 3 000 ans"

"Il a repris un artisanat qui date de 3 000 ans et en a fait la pratique la plus contemporaine qui soit", explique Mehdi Ben Cheikh, commissaire de l'exposition, interrogé par France 24. "Il y a un demi-million de personnes qui courent la planète entière pour gagner des points et découvrir petit à petit son univers."

Dans la capitale française, des passionnés parcourent les rues pour flasher les œuvres. À l'angle d'une rue du Marais, Morgane immortalise une mosaïque pour compléter sa collection : "C'était le tout dernier qu'il me manquait à Paris. Maintenant, je suis à jour, donc je suis très contente", témoigne l'influenceuse.

Pour certains passionnés, la quête ne s'arrête pas au simple "flash". Des groupes se retrouvent régulièrement pour entretenir les mosaïques, parfois perchés sur une échelle, afin qu'elles résistent au temps et aux intempéries. "Avec le chiffon et l'acétone, on nettoie tous les carreaux pour les faire briller à nouveau. C'est là qu'on voit tous les détails magnifiques", explique l'un d'eux à France 24.

Si les œuvres originales restent accessibles gratuitement dans l'espace public, leur cote sur le marché de l'art s'est envolée. Certaines copies peuvent atteindre jusqu'à 350 000 euros lors de ventes aux enchères.