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Ukraine : neuf morts dans une attaque de missiles balistiques russes à Kiev
La capitale ukrainienne a été attaquée dans la nuit de vendredi à samedi par des missiles balistiques russes. Neuf personnes sont mortes et 23 autres blessées, selon un bilan des services de secours annoncé samedi matin. Quelques heures plus tôt, le président américain rebroussait chemin sur l'autorisation de la fabrication des missiles Patriot en Ukraine, intercepteurs indispensables pour neutraliser les missiles balistiques russes.
Un panache de fumée s'élève à la suite d'une attaque russe de missiles balistiques, à Kiev, en Ukraine, le 1er août 2026. © Sergei Supinsky, AFP

Nouvelle nuit meurtrière en Ukraine. Une attaque de missiles balistiques russes dans la nuit a fait neuf morts et 23 blessés à Kiev, selon un bilan des services de secours samedi 1er août. La veille, Donald Trump tergiversait sur l'autorisation donnée à l'Ukraine de produire des systèmes Patriot, l'arme militaire pour les intercepter.

a production de ces intercepteurs, les seuls capables d'abattre les missiles balistiques russes.

"Neuf personnes ont été tuées et 23 autres blessées à la suite d'une attaque russe de missiles balistiques", ont écrit les services de secours d'Ukraine sur Telegram, réévaluant un précédent décompte qui donnait quatre morts.

"Des incendies et des dégâts ont été constatés dans cinq arrondissements de la capitale", ont-ils ajouté, dont Solomiansky où deux personnes ont été tuées et "un immeuble résidentiel de cinq étages a été partiellement détruit et a pris feu".

Dans l'arrondissement de Darnytsky, où sept victimes ont été dénombrées, les secours ont signalé notamment "un incendie (...) dans un bâtiment administratif".

Un journaliste de l'AFP a entendu plusieurs séries d'explosions qui ont déclenché les alarmes de véhicules stationnés dans les rues.

"Dès que l'alarme s'est déclenchée, j'ai juste eu le temps de sortir dans le couloir, jusqu'à l'entrée, et ça a commencé à trembler. Même le linoléum s'est soulevé", a dit à l'AFP Kateryna Kravchenko, 75 ans, une habitante de Kiev.

Oksana, une autre habitante de Kiev a raconté avoir entendu des "explosions vraiment terrifiantes". "Ensuite le verre s'est mis à tomber comme la pluie, les gens ont commencé à sortir, et les explosions continuaient", a-t-elle dit.

Côté russe, le ministère de la Défense assure que les frappes "de haute précision" sur Kiev et sa région visaient "des entreprises du complexe militaro-industriel et des centres logistiques en Ukraine".

La nuit précédente, huit personnes ont été tuées dont six membres d'une même famille près de Kryvyï Rig. Deux autres personnes sont mortes dans des bombardements à Kiev et à Poltava.

Volodymyr Zelensky a affirmé que, selon des informations préliminaires, le missile balistique ayant anéanti ce foyer était de fabrication nord-coréenne.

Recul de Donald Trump

"L'Ukraine a un besoin urgent de systèmes supplémentaires de défense antiaérienne et antimissile, ainsi que d'intercepteurs. La rapidité des décisions et des livraisons est cruciale", a écrit samedi sur X le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga.

Le président américain Donald Trump, qui avait exprimé début juillet sa volonté d'autoriser l'Ukraine a produire des systèmes de défense Patriot pour pallier aux attaques de missiles balistiques russes, a encore nuancé vendredi cette perspective.

Son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, qui lui a rendu visite à ce propos en début de semaine à la Maison Blanche, "aimerait avoir des Patriot et il aimerait avoir des (missiles) Tomahawk", a exposé Donald Trump lors d'un conseil des ministres ouvert à la presse vendredi.

"Ces armes sont incroyables. Nous devons faire très attention avant de laisser quelqu'un les produire", a-t-il mis en garde, assurant : "Nous n'avons pas donné notre accord. Nous en discutons".

Le républicain avait déclaré jeudi au Financial Times n'être "pas sûr" d'accorder son feu vert à Kiev pour la production de ces intercepteurs, les seuls capables d'abattre les missiles balistiques russes.

Mais à l'heure où Moscou intensifie ses frappes, l'Ukraine en manque cruellement. La pénurie s'est aggravée depuis la guerre lancée par les États-Unis avec Israël contre l'Iran fin février.

Jeudi, Varsovie avait accusé Moscou d'être à l'origine du tir d'un missile qui s'est écrasé en Pologne sans faire de blessés, lors de frappes massives menées sur l'Ukraine, l'Otan promettant de "prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre (son) territoire", dont fait partie la Pologne.

De son côté, l'Ukraine multiplie les frappes contre des villes russes éloignées de la frontière, une campagne visant selon Kiev les infrastructures, en particulier pétrolières.

Avec AFP