
Un homme tient une bouée gonflable, debout dans l'eau, avec la Guardia Civil espagnole en arrière-plan, au milieu des traversées massives de migrants à pied et par mer du Maroc vers le territoire espagnol, à Ceuta, en Espagne, le 31 juillet 2026. © Jon Nazca, Reuters
Soixante mille migrants ont passé la frontière, ces derniers jours, entre l'Espagne et le Maroc, arrivant sur l'enclave de Ceuta. Parmi eux, 34 personnes ont perdu la vie en essayant de traverser la Méditerranée. Depuis, les réactions politiques s'enchaînent. Le Premier ministre espagnol a affirmé, vendredi 31 juillet, que ces traversées constituaient une "violation de la souveraineté territoriale de l'Espagne".
"Les estimations montrent qu'environ 60 000 personnes sont entrées dans notre ville pendant cet épisode. Cela représente 70 % de la population de Ceuta. Pour vous faire une idée (...) c'est comme si en 24 heures, 34 millions de personnes entraient sur le territoire espagnol. Évidemment, ce chiffre montre qu'il est impossible d'absorber cette pression", a expliqué Juan Vivas, le président de Ceuta, lors d'une conférence de presse.
Pedro Sanchez a estimé que la crise migratoire était liée à une interprétation malhonnête "par les mafias" d'une récente décision de justice statuant sur la reconduite des migrants arrivés par la mer.
"Ce qui ressort des échanges que nous avons eus avec les autorités marocaines, c'est une lecture intéressée que les mafias de trafiquants d'êtres humains ont fait d'un arrêt de la Cour suprême" espagnole, a-t-il dit.
Selon cet arrêt, "il n'est pas possible de reconduire à la frontière les personnes qui seraient arrivées en Espagne par la mer", a expliqué Pedro Sanchez, ajoutant que "cette interprétation" s'était "répandue comme une traînée de poudre ces dernières heures".
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Vendredi matin, la police marocaine a arrêté une trentaine de jeunes, essentiellement des Marocains, à Fnideq, dans le nord du pays, selon un correspondant de l'AFP, après des heurts à proximité de la frontière avec l'enclave espagnole de Ceuta.
Des milliers de candidats à l'émigration ont afflué ces derniers jours et se sont massés sur des collines en surplomb de la zone frontalière, d'où ils caillassent les forces de l'ordre locales.
Celles-ci ont tenté de les disperser à plusieurs reprises, en les aspergeant avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Au moins une trentaine de jeunes ont été interpellés, selon le journaliste AFP.
L'Europe réagit
Emmanuel Macron a demandé au ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne", selon les informations de son entourage.
Le chef de l'État a par ailleurs souligné que "la France se [tenait] prête à apporter aux autorités espagnoles tout l'appui nécessaire, si celles-ci en exprim[ai]ent le besoin, y compris au travers (...) Frontex", l'agence de l'Union européenne chargée du contrôle des frontières, a-t-on ajouté de même source.
Outre-Rhin, le chancelier allemand Friedrich Merz a demandé au Maroc de "reprendre immédiatement les migrants en situation irrégulière"
"L'Espagne veut et doit reprendre la situation à Ceuta en main le plus rapidement possible. Je salue donc l'intention de l'Espagne de ne pas laisser les migrants en situation irrégulière accéder au continent européen", a déclaré le dirigeant conservateur dans un communiqué.
De son côté, la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé, vendredi, des images "inacceptables". "Il faut mettre fin immédiatement aux traversées dangereuses. Il faut démanteler les réseaux de passeurs. Et les expulsions doivent être rapides, comme le permettent nos règles", a-t-elle écrit sur le réseau social X.
Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixLe gouvernement britannique a lui aussi affirmé être en contact avec les autorités espagnoles pour leur proposer de l'aide face à l'afflux ces derniers jours de migrants en provenance du Maroc dans l'enclave de Ceuta, a précisé le Premier ministre Andy Burnham.
"Il s'agit bien sûr avant tout d'une question relevant de la compétence du gouvernement espagnol, mais cela suscite des inquiétudes", a déclaré le dirigeant travailliste à des journalistes.
"Nous prenons actuellement contact avec le gouvernement espagnol, les autorités espagnoles, afin de leur apporter notre soutien, mais aussi pour mieux comprendre les implications de cette situation", a-t-il ajouté, sans préciser l'aide proposée.
Avec AFP
