
Contrairement à ce que suggère cet internaute le 27 juillet 2026, si la France n’a pas acquis de bombardier russe Beriev Be-200, c’est d’abord parce qu’il ne convient pas aux besoins de la Sécurité Civile. © X
"Macron préférerait laisser toutes les forêts de France brûler que de commander des avions à la Russie." Sur les réseaux sociaux, des internautes ont affirmé que le gouvernement français aurait refusé d’acquérir un bombardier d’eau russe, le Beriev Be-200, alors que la France manque de Canadair pour faire face à des incendies monstres en Gironde, dans le sud-ouest du pays. Ces internautes accompagnent leur publication d’une vidéo de démonstration de l’appareil, vue plus de 450 000 fois sur un seul post sur le réseau X.
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Accepter Gérer mes choixLe Beriev Be-200 est un hydravion spécialisé dans la lutte contre les incendies. L’appareil est capable d'emporter 12 tonnes d’eau, une capacité d’emport deux fois plus importante que celle d’un Canadair CL-415, le modèle de fabrication canadienne. Propulsé par des moteurs à réaction, l’avion russe peut remplir ses réservoirs d’eau en 14 secondes.
Un appareil qui ne répond pas aux besoins de la Sécurité civile
Contrairement à ce qu’affirment ces internautes, si le Beriev Be-200 n’a pas été acquis ou utilisé par la France, c’est d’abord à cause de contraintes techniques constatées avant la dégradation des relations entre la France et la Russie suite à la guerre en Ukraine qui a débuté en 2022. L’appareil avait été en effet testé en 2011 et 2003 par la Sécurité civile, des années avant le 1ᵉʳ mandat présidentiel d’Emmanuel Macron de 2017, alors que sa responsabilité est pointée par les internautes.
L’évaluation du Beriev Be-200 effectuée en 2011 en "conditions opérationnelles", selon un rapport de l’Assemblée nationale publié en 2016, avait montré les "limites de l’appareil", qui a alors été qualifié alors "d’espoir déçu". À l’issue de cette évaluation, il avait été constaté en effet que le Beriev Be-200 ne répondait pas "aux besoins de la Sécurité civile".
Les conclusions du test en 2003 détaillent les problèmes constatés par la Sécurité civile, comme le rapporte un article du Parisien. L’appareil avait alors été jugé "trop rustique" et les essais de l’avion "pas impressionnants" par les pilotes de la Sécurité civile.
D’abord, les pilotes avaient émis de "sérieux doutes" sur le volume réel d’eau que le Beriev Be-200 pouvait embarquer : "près de 10 tonnes d’eau" au lieu des 12 tonnes annoncées par le constructeur, avaient alors estimé les pilotes. Ensuite, l’appareil avait été considéré comme peu adapté au relief sur lequel il aurait été amené à opérer.
Enfin l’avantage supposé de la vitesse du Beriev Be-200, qui est propulsé par des moteurs à réaction alors que les Canadair disposent de moteurs à hélices, est apparu comme un handicap.
"Pour tuer le feu, il ne faut pas être trop bas, ni trop haut, ni trop rapide. Le cas de figure idéal consiste à larguer de manière compacte nos 6 tonnes d'eau entre 30 et 100 mètres d'altitude avec une vitesse de 230 km/h. Et ça, un avion à réaction ne pourra jamais le faire dans les montagnes corses, les Maures", a déploré un pilote auprès du Parisien.
Une affirmation erronée parmi une vague d’intox pro russes
Il apparaît que cette affirmation erronée, faisant la promotion d’un avion russe, a été diffusée alors qu’une vague d’intox profite de la catastrophe des incendies pour relayer la propagande russe.
Le 27 juillet, un internaute a ainsi partagé une prétendue interview d’un commandant de bord d'un Canadair de la Sécurité civile dénonçant au journal de 20 heures de France 2 l’importance des dépenses consacrées à l’aide à l’Ukraine alors que la France manque de Canadair.
"17 milliards pour alimenter la guerre en Ukraine et la corruption, 15 milliards par an pour engraisser Von der Leyen et l’UE, et il nous manque des avions de lutte contre les incendies !", se serait plaint le pilote.
Or, comme on peut le constater dans la vidéo complète de l’interview diffusée sur le site de franceinfo, ce pilote n’avait en réalité jamais prononcé de tels propos anti-ukrainiens.
