
La chroniqueuse prorusse Xenia Fedorova lors du Festival du livre de Paris au Grand Palais, le 12 avril 2025. © Xavier Galiana, AFP
"Véritable censure" pour les uns, "urgence à se protéger" de la Russie pour les autres, l'arrêté ministériel d'expulsion visant la chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova divise au sein de l'extrême droite, notamment au Rassemblement national (RN).
"Les positions de cette dame ne sont pas celles du Rassemblement national", a affirmé jeudi 30 juillet le député RN Thomas Ménagé interrogé sur franceinfo. "Si les services de l'État ont considéré qu'elle ne devait pas rester sur le sol français, c'est qu'elle a répondu aux critères", a-t-il précisé, ajoutant qu'il y a "urgence à se protéger" des différentes ingérences opérées par la Russie visant la France.
Il a néanmoins dit espérer la "même célérité pour expulser" des "délinquants étrangers sous OQTF, d'autres pays, notamment algériens".
"Une bonne décision" du gouvernement
Même son de cloche sur Sud Radio, où Julien Odoul, autre député RN, a commenté "une bonne décision" du gouvernement, mais dénoncé un "deux poids deux mesures" face aux expulsions de délinquants étrangers.
Au sein du parti de Marine Le Pen, qui avait été mise en difficulté lors de l'élection présidentielle de 2022 pour ses liens avec la Russie de Vladimir Poutine, tous n'ont pas la même appréciation.
Comme le maire RN de Fréjus David Rachline, qui a publié sur X mercredi "les OQTF visant des délinquants dangereux restent lettre morte. En revanche, pour expulser une voix dissidente, l'État sait faire preuve d'une efficacité remarquable."
Ou l'eurodéputé RN Thierry Mariani, candidat du parti à la flamme aux dernières municipales à Paris, qui critique le gouvernement "qui va peut-être enfin réussir à faire taire l'une des rares voix dissonantes dans la presse française qui ne répétait pas le récit officiel autorisé sur le conflit en Ukraine".
"En attendant, la liberté d'opinion recule !", a ajouté l'élu, régulièrement pointé du doigt par ses adversaires politiques pour sa proximité avec la Russie, notamment du fait de ses voyages controversés en Crimée occupée et pour son rôle dans l'association Dialogue franco-russe.
"Digne d'une dictature"
Plus largement au sein de l'extrême droite, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle, a crié au "scandale" sur X.
Il a dénoncé "une véritable censure, digne d'une dictature", et estimé qu'aujourd'hui en France "une chroniqueuse peut être expulsée car ses opinions ne vont pas dans le sens de celle du pouvoir".
Ancienne patronne de la chaîne d'État russe RT en France, Xenia Fedorova, 45 ans, est chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et le JDNews, médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
La polémique à son sujet s'était enflammée fin mai, après un article du quotidien Le Monde qui lui prêtait une influence grandissante sur l'homme d'affaires.
Pour l'exécutif, Xenia Fedorova est une "propagandiste" du Kremlin.
Avec AFP
