
Le roi d'Espagne Felipe VI et la présidente du Mexique Claudia Sheinbaum, le 25 juin 2026 à Mexico. © Rodrigo Oropeza, AFP
Poignées de main et bavardages sur le football. En visite au Mexique pour soutenir l'équipe d'Espagne de football qui va affronter l'Uruguay à Guadalajara lors du Mondial 2026, le roi d'Espagne Felipe VI a été reçu, jeudi 25 juin, par Claudia Sheinbaum au palais présidentiel de Mexico.
Cette visite du monarque espagnol fait suite à celle de la présidente mexicaine en Espagne pour un rassemblement de dirigeants de gauche en avril à Barcelone.
"Nous avons discuté de l'importance des peuples autochtones à travers l'Histoire et des liens entre le Mexique et l'Espagne", a écrit Claudia Sheinbaum sur X. "Nous sommes d'accord pour renforcer les relations bilatérales dans l'intérêt de nos nations", a-t-elle ajouté.
Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixDe son côté, la Maison royale espagnole a affirmé dans un communiqué que la rencontre s'était déroulée dans "un contexte d'intensification des relations bilatérales".
Les "nombreux abus" durant la conquête espagnole
Un réchauffement notable après plusieurs années de tensions. Les relations entre le Mexique et l'Espagne s'étaient dégradées depuis 2019, lorsque le président mexicain de l'époque et mentor de Claudia Sheinbaum, Andres Manuel Lopez Obrador, avait envoyé une lettre à Madrid pour exiger de la Couronne des excuses pour "les crimes et exactions" commis durant la conquête.
Felipe VI n'avait pas répondu, et le gouvernement espagnol avait rejeté toute idée d'excuses. Des années de tension avaient suivi : Claudia Sheinbaum n'avait pas invité le roi d'Espagne à son investiture en 2024 et, en réponse, Madrid n'avait envoyé aucun représentant à la cérémonie.
En octobre 2025, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait reconnu la "douleur et l'injustice" causées aux "peuples originaires" d'Amérique. Et en mars dernier, Felipe VI avait reconnu publiquement l'existence de "nombreux abus" pendant la conquête, une déclaration inédite sur ce sujet prononcée lors d'une exposition à Madrid sur les peuples indigènes du Mexique.
Le Mexique et l'Espagne "sont deux pays profondément liés tant sur le plan culturel qu'historique et économique. Ce rapprochement est donc positif en soi", a déclaré à l'AFP l'analyste politique mexicain Pablo Majluf, habituellement très critique à l'égard de Claudia Sheinbaum.
Avec AFP
