
Donald Trump à la Maison Blanche, le 27 mai 2026. © Jacquelyn Martin, AP
L'administration Trump a pris acte lundi 1er juin d'une décision judiciaire gelant provisoirement son fonds d'indemnisation "anti-instrumentalisation" de la justice tout juste créé et décrié par ses adversaires comme une "caisse noire", indiquant ainsi qu'elle pourrait y renoncer.
De nombreux médias, dont Bloomberg et Axios, prêtent à l'administration Trump l'intention de faire marche arrière, face à l'opposition des démocrates, mais aussi d'élus républicains.
"Ce fonds était ouvert à quiconque a été victime d'une instrumentalisation de la justice, ciblé ou persécuté, qu'il soit démocrate, républicain, conservateur, indépendant ou autre", affirme le ministère de la Justice dans un communiqué sur X. Il exprime son "profond désaccord" avec la décision de justice, mais assure qu'il la "respectera".
Sollicités par l'AFP sur une éventuelle renonciation à ce fonds, doté de près d'1,8 milliard de dollars, la Maison Blanche comme le ministère de la Justice se sont bornés à renvoyer au texte du communiqué.
Le ministère avait annoncé le 18 mai la création de ce fonds censé réparer ce que l'administration Trump présente comme une instrumentalisation de la justice contre les partisans de Donald Trump sous son prédécesseur démocrate Joe Biden.
Une "caisse noire" contestée en justice
Les démocrates ont dénoncé une "caisse noire" destinée à rétribuer les partisans de Donald Trump, y compris des personnes condamnées pour l'assaut du Capitole, sanctuaire de la démocratie américaine, le 6 janvier 2021.
La création de ce fonds est contestée en justice, notamment par un ancien procureur fédéral ayant instruit des dossiers contre des participants au 6 janvier 2021, des policiers qui ont défendu le Capitole, une collectivité locale ou des organisations.
Une juge d'un tribunal d'Alexandria, près de Washington, leur a donné partiellement satisfaction vendredi. Elle a ainsi interdit jusqu'à nouvel ordre au gouvernement toute action concernant ce fonds, y compris de l'alimenter financièrement ou d'en retirer de l'argent, ou d'examiner les demandes d'indemnisation, afin de s'assurer qu'aucune somme ne soit "irréversiblement versée" avant qu'elle ne se soit prononcée. La juge a fixé une nouvelle audience au 12 juin sur une possible extension de ce gel.
Immunité fiscale polémique
Ce fonds a été créé en vertu d'un accord conclu entre le ministère de la Justice, actuellement dirigé à titre intérimaire par Todd Blanche, un ancien avocat personnel de Donald Trump, et le président américain, ainsi que ses deux fils aînés, dans un litige les opposant au fisc.
En échange du retrait de sa plainte contre l'administration fiscale (IRS), à laquelle il réclamait 10 milliards de dollars pour des fuites sur ses déclarations d'impôts, Donald Trump a aussi obtenu que lui-même, sa famille et ses entreprises bénéficient d'une immunité fiscale rétroactive, c'est-à-dire que l'IRS ne puisse pas contester leurs déclarations fiscales passées.
Mais la juge qui a clos le dossier opposant Donald Trump et ses fils à l'IRS a demandé la semaine dernière aux parties de lui fournir des explications, après avoir été saisie par 35 anciens juges fédéraux réclamant la réouverture du dossier au motif que le tribunal aurait "été trompé". Ces anciens magistrats accusent notamment les plaignants d'avoir délibérément omis d'informer le tribunal de l'accord conclu aussitôt après avec le ministère de la Justice.
Avec AFP
