
Des incidents éclatent, le 30 mai 2026, sur la place du Trocadéro à Paris après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions contre Arsenal. © Lou Benoist, AFP
Après le deuxième sacre consécutif européen du PSG, une partie de la soirée dans le chaos et la violence un peu partout en France, avec 219 personnes blessées dont huit grièvement et 780 personnes interpellées dont 457 gardes à vue, en hausse de 32 % par rapport à l'an dernier, selon les derniers chiffres donnés par le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.
Un jeune homme d'une vingtaine d'années est mort dans la nuit après avoir heurté avec sa moto de cross des blocs de béton installés sur une bretelle de sortie du périphérique parisien.
Abribus explosés, bris de verre, poubelles et véhicules incendiés, vélos retournés… Dimanche matin, les stigmates de ce déchaînement de violences étaient encore visibles dans de nombreux arrondissements, où les agents municipaux s'affairaient à nettoyer des rues jonchées de débris en tout genre.
Des incidents sont survenus dans de nombreuses villes, avant que le calme revienne vers 1 h du matin. Il y a eu par exemple 18 interpellations à Toulouse, où des poubelles et scooters ont été brûlés, cinq à Montpellier pour tentative de vol par effraction, dégradations et violences sur agents des forces de l'ordre, selon des sources policières. Les policiers ont notamment "essuyé des jets de canettes et de pierres".
Le Parc des Princes pour le final des festivités
Des faits similaires ont été constatés à Bordeaux (16 interpellations), Rennes, Nantes, Lyon, Nice, Nancy, Strasbourg, Grenoble, Pau, Niort, Limoges, Poitiers, Tours, Cannes, Valenciennes, Angers, ou Annecy.
Les festivités prévues dimanche à Paris pour le retour des joueurs ont du coup pris une autre dimension, désormais accompagnées de craintes de nouveaux débordements. Selon la préfecture de police de Paris, 5 780 membres des forces de l'ordre seront mobilisés pour sécuriser ces célébrations.
Cette journée doit pourtant honorer des joueurs auteurs d'un exploit rare dans le football avec cette deuxième Ligue des Champions d'affilée. Les joueurs, qui doivent partir de Budapest, sont attendus vers 15 h à l'aéroport Charles de Gaulle. Ils se rendront vers 16 h au Champ-de-Mars, où plus de 80 000 personnes sont attendues, avant d'être reçus par Emmanuel Macron à l'Élysée vers 18 h.
Puis, à partir de 19 h 30, ils seront fêtés par leurs supporters dans leur écrin du Parc des Princes.
Les Gunners rentrent pour leur part à Londres, avec également une cérémonie prévue pour fêter leur titre en Premier League – leur premier en 22 ans –, qui aura toutefois un goût plutôt amer.
Une équipe parisienne devenue "dynastique"
Cette soirée aura fait entrer le PSG dans un cercle très fermé, aux côtés des plus grandes équipes de l'histoire, comme le Real Madrid et ses trois Ligue des champions successives (2016, 2017, 2018), ou l'Ajax Amsterdam si l'on remonte plus loin.
Le club parisien appartient désormais à la caste des clubs aux deux Ligue des champions, qui compte 13 membres, et à celle, plus intime, des équipes qui ont réussi le "back-to-back", au nombre de neuf. "Pour le Paris Saint-Germain, c'était l'occasion de montrer clairement que cette équipe est dynastique", estime le Guardian britannique.
"Il n'y a pas beaucoup d'équipes qui ont réussi le back-to-back, donc on est très fiers de nous. On a déjà marqué l'histoire", glissait samedi soir Nuno Mendes.
Jusqu'où ira ce PSG ? La question vient naturellement à l'esprit tant cette équipe semble insubmersible, réussissant samedi à se sortir d'un scénario imprévu et d'un match totalement cadenassé, après avoir éliminé Chelsea, Liverpool et le Bayern Munich pendant une campagne européenne percutée par les blessures.
Même la sortie des cadres en prolongations (Marquinhos, Dembélé, Vitinha, Kvara) n'a pas empêché ce doux rêve de se poursuivre.
