
Des militants de la Flottille pour Gaza, arrêtés et expulsés par Israël, à leur arrivée à l'aéroport d'Istanbul, en Turquie, le 21 mai 2026. © Ozan Kose, AFP
Jean-Noël Barrot a annoncé, vendredi 29 mai, avoir saisi la justice française sur les mauvais traitements infligés à des membres français de la Flottille pour Gaza lors de leur détention provisoire en Israël.
"J'ai décidé hier de saisir la procureure de la République, en vertu de l'article 40 du code de procédure pénale", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, sur France Inter.
Il a expliqué avoir appuyé son signalement à la justice sur un "rapport que j'ai demandé à notre consul général en Turquie, qui m'a fait état de violences sexuelles, d'exposition au froid, de coups, mais aussi d'humiliations répétées à l'encontre de ressortissants français". "Autant de faits qui sont susceptibles de qualification pénale", a-t-il estimé.
Des actes "odieux, choquants"
Mardi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dit qu'il envisageait une "saisine" de la justice française pour le traitement, jugé "odieux", infligé par le gouvernement israélien à des militants de la Flottille pour Gaza.
"Plus que les images, les actes (sont) absolument odieux, choquants" et "nous les condamnons sans réserve, car ils sont choquants humainement, ils sont choquants au regard du droit international", a-t-il déclaré à l'Assemblée nationale, lors de la séance des questions au gouvernement.
Jean-Noël Barrot avait annoncé samedi que la France avait interdit l'accès à son territoire au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, après la diffusion d'une vidéo de militants de la Flottille pour Gaza agenouillés et mains liées, à la suite de leur interception en mer et de leur placement en détention dans le sud d'Israël.
Plusieurs de ces militants ont dénoncé des "violences", "attouchements" ou encore "humiliations" imposés par les forces israéliennes lors de leur détention.
"Simulacre de condamnation"
Peu avant l'annonce du signalement à la justice du ministre des Affaires étrangères, les avocates des membres français de la Flottille ont de leur côté dénoncé vendredi le "simulacre de condamnation" de ces actes par la France et annoncé leur refus de rencontrer le ministre des Affaires étrangères pour évoquer la question.
"Nous savons que nous n'avons rien à attendre de ce simulacre de condamnation de la part du gouvernement français, qui ne saurait aujourd'hui se poser sérieusement en défenseur des droits des navigant·e·s de la Flottille", ont-elles réagi dans un communiqué.
Les avocates ont annoncé par ailleurs leur intention de "déposer plainte pour les violences subies par les membres de la Flottille dans les prochains jours pour les humiliations, violences, viols et actes de torture dénoncés".
Une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie le 14 mai avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.
Les autorités israéliennes ont annoncé l'interpellation de 430 militants – dont 37 Français – à bord des bateaux qui ont tous été expulsés jeudi.
Avec AFP
