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E. Jean Carroll, qui a accusé Donald Trump d'agression sexuelle, visée par une enquête
Selon la presse américaine, l'ancienne journaliste du magazine Elle E. Jean Carroll, qui a accusé Donald Trump d'agression sexuelle, est visée par une enquête judiciaire aux États-Unis. Depuis le début de son deuxième mandat, le locataire de la Maison Blanche est soupçonné d'instrumentaliser le ministère de la Justice pour mener des vendettas personnelles. 
Une photo d'archive d'E. Jean Carroll prise le 6 septembre 2024 à New York. © Eduardo Munoz Alvarez, AP

Une enquête pénale visant E. Jean Carroll, ancienne chroniqueuse du magazine Elle qui a accusé Donald Trump d'agression sexuelle, a été ouverte par les procureurs du ministère américain de la Justice, ont rapporté, mercredi 27 mai, plusieurs médias.

Cette nouvelle offensive du gouvernement de Donald Trump contre l'une de ses accusatrices vise à déterminer si l'autrice âgée de 82 ans a menti sous serment lors de dépositions liées aux deux procédures civiles qu'elle a intentées contre le président, rapportent CNN et le New York Times, citant des sources proches du dossier.

La première porte sur des faits allégués de viol en 1996 dans une cabine d'essayage d'un grand magasin new-yorkais, pour lesquels le président avait été jugé responsable au civil.

La seconde concerne une action en diffamation engagée après que Donald Trump a nié l'agression sexuelle en 2019 et remportée par E. Jean Carroll. Donald Trump a ou compte faire appel dans les deux dossiers, affirment les médias américains.

Croisade judiciaire

Selon CNN, les procureurs s'appuient sur une déclaration faite sous serment en 2022 par E.  Jean Carroll, dans laquelle elle affirmait n'avoir reçu aucun financement extérieur pour ses procédures judiciaires. Il est apparu par la suite que le milliardaire Reid Hoffman avait pris en charge une partie des frais juridiques et des dépenses, toujours selon la chaîne.

Le ministère de la Justice n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire de l'AFP.

Cette nouvelle enquête constitue un exemple de plus des attaques judiciaires menées par le ministère de la Justice de Donald Trump, qui souhaite utiliser les tribunaux pour cibler ses ennemis personnels.

La ministre de la Justice Pam Bondi avait été limogée début avril, après notamment une série de piteux échecs à faire aboutir des poursuites pénales téléguidées par Donald Trump contre certains de ses adversaires et visant notamment James Comey, l'ex-directeur du FBI et la procureure générale de l'État de New York, Letitia James.

Le président républicain a nommé, pour assurer l'intérim à ce poste stratégique, Todd Blanche, jusqu'alors numéro 2 du ministère. Depuis,cette campagne de représailles s'est accélérée.

Ancien avocat personnel de Donald Trump dans le dossier E. Jean Carroll et d'autres, Todd Blanche s'est récusé pour cette affaire, rapportent le New York Times et CNN.

Avec AFP