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Les patrons de l'IA affirment avoir surestimé l'impact sur le marché du travail
Fini les discours apocalyptiques ? Jensen Huang, patron de Nvidia et Sam Altman, patron d'OpenAI, se montrent désormais plus mesurés sur l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi et les licenciements.
Le fondateur et PDG de Nvidia, Jensen Huang, lors de la présentation de la nouvelle puce Blackwell (à droite) vouée à remplacer la puce Hooper (à gauche) lors de la conférence annuelle sur l'IA Nvidia GTC à San Jose, en Californie, le 18 mars 2024. © Josh Edelson, AFP

Après avoir parlé de licenciements massifs provoqués par leur technologie, les patrons de l'intelligence artificielle (IA), confrontés à une hostilité croissante de la part de l'opinion publique, commencent à se montrer plus mesurés quant à l'impact à venir sur l'emploi.

Tant Jensen Huang, de Nvidia, que Sam Altman à OpenAI, jusqu'ici parmi les plus diserts sur l'impact massif à venir sur le marché du travail, assurent désormais qu'il était largement surestimé, et les licenciements présentés comme du fait de l'IA, dans certains cas, fallacieux.

Interrogé sur Channel News Asia, Jensen Huang a ainsi jugé que les patrons annonçant licencier à cause de l'IA utilisent un discours "paresseux" : "l'IA vient tout juste d'arriver, comment pourrait-elle déjà détruire des emplois?". "L'IA est devenu productive et utile il y a tout juste six mois, et ils ont commencé à licencier à cause de cette technologie il y a plus de deux ans ? ça n'a aucun sens", a-t-il insisté, sans citer d'entreprise. Le directeur général de Nvidia fait partie de ceux qui jugent que l'IA créera autant d'emplois qu'elle en détruira, entraînant un déplacement du marché du travail. "Ils veulent juste faire les intéressants, je déteste ça. Je pense que l'on effraie les gens et c'est irresponsable".

La banque britannique Standard Chartered est la dernière en date a avoir annoncé plusieurs milliers de licenciements d'ici 2030 à mesure que l'IA remplacera ses salariés dans diverses fonctions support.

Les patrons de l'IA affirment avoir surestimé l'impact sur le marché du travail
Le PDG d'OpenAI Sam Altman, à Oakland, en Californie, le 12 mai 2026. © Josh Edelson, AFP

Lors d'une conférence à Sydney (Australie), Sam Altman a lui fait son mea culpa, assurant que l'IA ne "provoquera pas l'apocalypse annoncée par les entreprises de notre secteur", dont la sienne. "Je m'attendais à plus d'impact sur les emplois de bureau de base que ce qu'on a pu observer. (...) C'est un aspect sur lequel mon intuition était à côté de la plaque".

Dario Amodei, son concurrent d'Anthropic, a également atténué son discours, estimant que même si 90 % des emplois étaient automatisés, les 10 % restants seraient largement plus productifs. Ce dernier a été critiqué jusque par ses pairs, qui le voient comme un apôtre apocalyptique de l'IA, Jensen Huang disant ainsi être "en désaccord avec quasiment tout ce qu'il dit".

Le changement de ton intervient alors qu'OpenAI et Anthropic se rapprochent d'une entrée en Bourse, qui nécessitera dans les deux cas la large adhésion des investisseurs. Mais le discours apocalyptique a nourri un rejet croissant, notamment aux États-Unis, les sondages soulignant le mécontentement que la rupture annoncée provoque. Jusqu'ici, la plupart des institution économiques, la Banque centrale européenne parmi les dernières en date, ont pointé que l'effet de sur l'emploi restait pour l'heure limité.

Avec AFP