
Une rue de Téhéran, la capitale iranienne, le 24 mai 2026. © Vahid Salemi, AP
Après des semaines de menaces et de discussions, les États-Unis et l'Iran semblent proches d'un accord qui mettrait durablement fin à une guerre au Moyen-Orient qui a fait des milliers de morts et secoué l'économie mondiale.
Le président américain Donald Trump a cependant tempéré dimanche les espoirs d'un accord imminent, disant ne pas vouloir "se précipiter".
Le ministère des Affaires étrangères iranien a, pour sa part, fait état de convergences "sur une grande partie des questions en discussion", tout en rejetant l'idée d'un accord imminent.
Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixUne extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.
Réessayer
Que sait-on des points sur lesquels les deux parties semblent d'accord et des autres sur lesquels elles paraissent buter ?
Le nucléaire remis à plus tard ?
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a laissé entendre dès samedi que la question nucléaire ne faisait pas partie "à ce stade" du "protocole d'accord" en discussion et qu'elle serait abordée lors de négociations séparées.
Mais le New York Times, citant deux responsables américains anonymes, affirme qu'un point central de cet accord sera un "engagement de Téhéran à renoncer à son stock d'uranium hautement enrichi".
La manière dont la République islamique le fera sera toutefois abordée lors "d'un prochain cycle de négociations sur le programme nucléaire iranien", ajoute le quotidien américain.
De leur côté, les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim affirment que les questions liées au nucléaire seraient négociées dans les 60 jours suivant la signature du protocole d'accord.
Et, selon Fars, "l'Iran ne s'est pas engagé dans cet accord à céder des stocks nucléaires, retirer des équipements, fermer des installations ou même à ne pas construire une bombe nucléaire".
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a toutefois affirmé être convenu avec Donald Trump que tout accord final avec l'Iran devait "éliminer entièrement la menace nucléaire".
Ormuz sera-t-il débloqué ?
La réouverture du détroit d'Ormuz, verrouillé de facto par l'Iran depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février, est un point central des discussions.
Le quasi-blocage de ce passage, par où transitaient avant la guerre 20 % des hydrocarbures consommés dans le monde, a fait flamber les prix du pétrole et a ébranlé l'économie mondiale.
Avant les hostilités, les navires le franchissaient librement.
Donald Trump a évoqué samedi un compromis "largement négocié" qui prévoirait la réouverture du détroit. Mais des sources iraniennes au fait des négociations, citées par Fars, affirment que si l'accord prévoit un déblocage du détroit, ce dernier resterait sous contrôle de l'Iran.
"Le statut du détroit d'Ormuz ne reviendra pas à sa situation d'avant-guerre", souligne de son côté Tasnim. Concernant le blocus américain des ports iraniens, cette agence croit savoir qu'il devrait "être entièrement levé dans un délai de 30 jours".
Donald Trump a cependant déclaré dimanche que ce blocus resterait "pleinement en vigueur" tant qu'un accord n'aura pas été signé.
Quid des sanctions et des avoirs ?
Téhéran insiste régulièrement sur le dégel des avoirs iraniens à l'étranger, bloqués en raison des sanctions américaines.
L'Iran a souligné qu'il n'y aurait aucun accord à moins qu'une partie de ces avoirs ne soit libérée dès la première étape et qu'un mécanisme clair ne soit établi pour garantir la libération des autres fonds bloqués, selon une "source informée" citée par Tasnim.
Selon elle, si aucun accord définitif n'a encore été trouvé, c'est notamment en raison des désaccords sur ce dossier.
Selon Tasnim, malgré des discussions entamées dimanche, les États-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l'accord incluant la question des avoirs.
L'agence Fars rapporte elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.
Et le Liban ?
Israël mène des frappes quotidiennes au Liban malgré un accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis, affirmant viser le mouvement pro-iranien Hezbollah.
L'Iran a déclaré que tout cessez-le-feu devait s'appliquer à tous les fronts de la guerre régionale, y compris au Liban, et le Hezbollah a dit être convaincu que son allié ne l'abandonnerait pas.
Tasnim a rapporté qu'"un protocole d'accord (...) serait d'abord annoncé, insistant sur la fin des combats sur tous les fronts, y compris au Liban". "Dans le cadre de cet arrangement, on s'attendrait également à ce qu'Israël, en tant qu'allié des États-Unis, mette fin à la guerre au Liban", a-t-elle ajouté.
Mais Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche que Donald Trump avait réitéré "le droit" d'Israël "à se défendre contre les menaces sur tous les fronts, y compris au Liban".
Avec AFP
