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Cuba menace d'un "bain de sang" en cas d'attaque américaine
Le président cubain s'est défendu lundi de toute intention agressive envers d'autres nations, mais a prévenu qu'une attaque des États-Unis "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables". De son côté, Washington a annoncé des sanctions contre le renseignement cubain et une dizaine de hauts-responsables de l'île.
Le président cubain Miguel Diaz-Canel au sommet des Nations unies sur le climat, à Dubaï le 1er décembre 2023. © Karim Sahib, AFP

Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a averti lundi 18 mai qu'une attaque américaine contre l'île provoquerait "un bain de sang", tandis que Washington a annoncé avoir sanctionné le renseignement cubain et une dizaine de hauts-responsables de l'île communiste.

Miguel Diaz-Canel a aussi souligné le droit "légitime" de son pays à riposter à une éventuelle agression des États-Unis, sur fond de fortes tensions entre La Havane et Washington.

Cuba a acquis plus de 300 drones militaires et évalue de possibles scénarios pour leur utilisation près de la base américaine de Guantanamo, dans l'est de l'île, a affirmé dimanche le média américain Axios, citant des renseignements classifiés. Selon Axios, des responsables à Washington ont mis en garde contre une "menace croissante" du fait de la proximité de ces capacités.

Le dirigeant cubain a réaffirmé que son pays "ne représent(ait) pas une menace et n'a(vait) ni plans ni intentions agressives" envers d'autres nations. La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire contre l'île, qui, si elle se matérialisait, "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables", a dénoncé sur X Miguel Diaz-Canel. Sans directement évoquer la détention présumée de drones par son pays, le chef de l'État a revendiqué "le droit absolu et légitime de se défendre face à une offensive militaire".

Une attaque de Cuba contre les États-Unis n'aurait "aucun sens"

L'hypothèse d'une attaque de Cuba contre les États-Unis n'a "aucun sens", a aussi déclaré lundi à l'AFP l'ambassadeur cubain à l'ONU, qui a accusé Washington de "fabriquer un prétexte" pour "justifier" une éventuelle action militaire.

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(De g à d) Esteban Lazo, président de l'Assemblée nationale, le président cubain Miguel Diaz-Canel et le leader révolutionnaire historique José Ramon Machado Ventura, à La Havane le 16 avril 2026. © Adalberto Roque, AFP

Dans le même temps, le ministère américain des Finances a annoncé avoir ajouté le principal service de renseignement cubain, ainsi qu'une dizaine de hauts responsables du pays à sa liste des entités et personnes sous sanction. Le président de l'Assemblée nationale cubaine et du Conseil d'État, Esteban Lazo, ainsi que trois ministres, de la Justice, de l'Énergie et des Communications, sont visés.

Quatre généraux cubains, dont le chef du contre-espionnage militaire, Jose Miguel Gomez del Vallin, également député, font partie des nouvelles personnes inscrites sur la liste. Outre le renseignement, le ministère de l'Intérieur et la Police nationale révolutionnaire, accusés de réprimer violemment les manifestations, sont aussi à nouveau sanctionnés.

D'autres sanctions prévues

Dans un communiqué, le secrétaire d'État Marco Rubio, qui avait déjà annoncé début mai des mesures coercitives contre le conglomérat d'entreprises Gaesa, lié à l'armée, a averti que d'autres sanctions seraient prononcées prochainement contre Cuba.

Une inscription à la liste de l'OFAC - Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain - interdit à toute personne ou entreprise américaine, ou ayant une filiale aux États-Unis, de commercer ou faire des affaires avec les personnes ou entreprises sanctionnées. Elle entraîne par ailleurs le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement ou indirectement aux États-Unis.

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L'électricité à Cuba. © Sherine Elsayry, Sylvie Husson, AFP

Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington - qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane - impose à l'île depuis janvier un blocus pétrolier total, ayant autorisé l'arrivée d'un seul pétrolier russe.

Nouvelle aide du Mexique

Près de quatre mois après le début du blocus, la situation économique et énergétique de l'île s'est fortement dégradée. La semaine dernière, le gouvernement a reconnu qu'il n'avait plus de diesel ni de fioul pour alimenter les groupes électrogènes qui complètent la production électrique des sept centrales thermoélectriques du pays.

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Un homme pousse une charrette près d'une vieille voiture dans une rue de La Havane, le 4 mai 2026. © Yamil Lage, AFP

Cette situation a encore aggravé les délestages électriques, avec des coupures qui peuvent dépasser la vingtaine d'heures par jour dans la capitale et durer des journées entières en province. Ces interminables coupures ont provoqué des manifestations de mécontentement dans plusieurs quartiers de La Havane.

Dans ce contexte particulièrement tendu, une nouvelle cargaison d'aide humanitaire en provenance du Mexique est arrivée lundi à Cuba. Il s'agit du cinquième envoi d'aide humanitaire par Mexico depuis février.

Donald Trump considère que l'île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de la Floride, constitue "une menace exceptionnelle" pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a multiplié les menaces de "prendre le contrôle" de Cuba et a même évoqué l'envoi d'un porte-avions.

Avec AFP