
Le chef de l'opposition gabonaise Alain-Claude Bilie-By-Nze s'exprime lors d'une conférence de presse à l'hôtel Tahiti de Libreville, le 14 avril 2025. © Nao Mukadi, AFP
Alain-Claude Bilie-By-Nze "a été interpellé à son domicile par des agents de la Direction Générale des Recherches (DGR) dans des conditions que nous considérons arbitraires, brutales et manifestement contraires aux principes fondamentaux de l'État de droit", a annoncé, jeudi 16 avril dans un communiqué, Ensemble pour le Gabon (EPG), parti politique du principal opposant gabonais.
Ce document indique que "cette arrestation serait liée à une affaire remontant à 2008". Selon son parti, cette affaire est en lien avec "une créance que l'État gabonais n'aurait pas honoré dans le cadre de l'organisation de la Fête des cultures", dont il était à l'époque le président du comité d'organisation.
"Une tierce personne en réclamerait aujourd'hui le paiement, en l'imputant à titre individuel à Alain-Claude Bilie-By-Nze, alors même qu'il agissait dans un cadre institutionnel", assure le communiqué.
"Manoeuvre politique grave"
Cette arrestation intervient alors que le candidat malheureux à l'élection présidentielle d'avril 2025, et ancien Premier ministre d'Ali Bongo (2009-2023) s'est notamment élevé contre la suspension des réseaux sociaux en vigueur depuis le 17 février et l'adoption par ordonnance, sans débat ni vote, d'une réforme du code de la nationalité.
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Cette réforme introduit, entre autres, la déchéance de nationalité pour "activités subversives et déstabilisatrices".
Ces mesures gouvernementales ont été prises alors que le président Brice Oligui Nguema, élu avec 94,75 % des voix l'an dernier, fait face en ce début d'année à plusieurs mouvements sociaux, dont une grève d'enseignants qui a duré près de deux mois.
Le parti d'Alain-Claude Bilie-By-Nze dénonce une "manoeuvre politique grave", visant à "faire taire une voix critique majeure, affaiblir l'opposition et instaurer un climat d'intimidation incompatible avec les exigences démocratiques". L'EPG exige la libération immédiate de son candidat.
Avec AFP
