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Donald Trump menace de nouveaux bombardements en Iran si les négociations échouent
Donald Trump a menacé, vendredi, l'Iran de nouvelles frappes en cas d'échec des pourparlers, tandis que Téhéran a conditionné toute négociation à une trêve au Liban et au déblocage de ses avoirs, selon le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, à la tête de la délégation iranienne arrivée vendredi soir à Islamabad, où doivent se dérouler les discussions. La participation des Iraniens reste toutefois incertaine.
Un écran fait la promotion des pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad, le 10 avril 2026 au Pakistan. © Farooq Naeem, AFP

Le président Donald Trump a affirmé vendredi 10 avril que l'Iran n'avait "aucune carte en main" autre que le blocage du détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, et a menacé le pays de nouvelles frappes en cas d'échec des discussions avec les États-Unis.

Avant même celles-ci, "deux des mesures sur lesquelles les parties se sont mises d'accord doivent encore être appliquées : un cessez-le-feu au Liban et le déblocage des actifs de l'Iran", a prévenu le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf jetant un doute sur la tenue de ces pourparlers au moment où le vice-président américain JD Vance était en route vers le Pakistan pour y participer.

Dans la soirée de vendredi, la délégation iranienne est arrivée à Islamabad menée par l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, a annoncé  la télévision d'État iranienne.

Donald Trump menace de nouveaux bombardements en Iran si les négociations échouent
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, vêtu d'un uniforme des Gardiens de la révolution, préside une séance à Téhéran le 1er février 2026. © AFP - agence de presse de l'Assemblée consultative islamique (ICANA)

Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est aussi du déplacement, précise la chaîne sur son site internet, tout en rappelant la position selon laquelle les pourparlers ne débuteront que si Washington accepte "les conditions préalables de l'Iran".

Parmi ces conditions, la restitution des actifs de l'Iran. Entre 100 et 120 milliards de dollars d'actifs iraniens à l'étranger sont gelés en raison des sanctions américaines, avait affirmé en 2022 à Téhéran une rapporteure spéciale des Nations Unies, Alena Douhan.

Une rencontre entre le Liban et Israël mardi à Washington

Depuis la conclusion de la trêve de deux semaines, Téhéran et Washington s'opposent aussi sur la question de l'inclusion du Liban dans l'accord, alors qu'Israël s'est dit déterminé à y continuer sa lutte contre le Hezbollah pro-iranien.

La présidence libanaise a annoncé vendredi soir qu'une rencontre aurait lieu mardi avec Israël à Washington afin de discuter d'un cessez-le-feu dans la guerre opposant l'armée israélienne au Hezbollah pro-iranien depuis début mars.

À l'issue d'un entretien entre les ambassadeurs des deux pays aux États-Unis, "il a été convenu d'organiser une première réunion mardi au département d'État afin de discuter de l'instauration d'une trêve et de la date du début des négociations entre le Liban et Israël sous l'égide des États-Unis", selon le communiqué.

Le Hezbollah avait rejeté toute idée de pourparlers du Liban avec Israël. Son chef Naïm Qassem a appelé vendredi les responsables libanais à ne pas faire de "concessions gratuites" à Israël.

Israël a de nouveau été visé par une trentaine de tirs en provenance du Liban vendredi, provoquant des dégâts matériels, selon l'armée.

Quelques heures à peine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, des frappes israéliennes ont fait mercredi 357 morts au Liban, selon un nouveau bilan. Israël a dit avoir tué 180 combattants du Hezbollah ce jour-là.

Ces bombardements sont les plus meurtriers dans ce pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran et qui s'est propagée dans la région, faisant des milliers de morts.

Vendredi, de nouvelles frappes ont tué 13 membres des forces de sécurité dans le sud du Liban, selon l'agence de presse d'État libanaise.

Islamabad sous haute sécurité

Placée sous haute sécurité, Islamabad s'est transformée en ville fantôme, où les négociations doivent se tenir dans un hôtel de luxe.

Donald Trump menace de nouveaux bombardements en Iran si les négociations échouent
Des agents de sécurité surveillent les abords du lieu prévu pour les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis à Islamabad, le 10 avril 2026 au Pakistan. © Aamir QURESHI, AFP

Le Pakistan avait invité les délégations à se retrouver vendredi, mais l'arrivée de JD Vance n'est prévue que samedi matin. Il sera accompagné de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.

Revendications opposées

Autre ombre sur les négociations, le détroit d'Ormuz. Le trafic reste entravé dans cette voie maritime stratégique pour le pétrole, quasi bloquée par l'Iran depuis le début de la guerre, alors que sa réouverture était une condition du cessez-le-feu.

Donald Trump menace de nouveaux bombardements en Iran si les négociations échouent
Détroit d'ormuz : deux routes alternatives imposées par l'Iran pour éviter les mines. © Valentina BRESCHI, Sylvie HUSSON / AFP

La principale association européenne d'aéroports a mis en garde vendredi contre une pénurie de kérosène "si le passage par le détroit d'Ormuz ne reprenait pas de manière stable et significative dans les trois prochaines semaines".

Les deux belligérants s'opposent aussi sur le dossier clé du nucléaire.

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a ainsi exclu toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des demandes fondamentales des États-Unis et d'Israël qui accusent Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique. La République islamique défend elle son droit au nucléaire civil.

Après l'intense mais bref soulagement apporté par la trêve, la prudence règne sur les marchés financiers, à l'équilibre ou enregistrant de faibles gains vendredi, tandis que le prix du pétrole s'est stabilisé sous 100 dollars.

Avec AFP