
La France ne remettra pas à la Tunisie Halima Ben Ali, cadette de l'ancien autocrate. © Fethi Belaid, AFP
La justice française a tranché, mercredi 1er avril, sur le cas d'Halima Ben Ali : la fille de l'ancien autocrate tunisien ne sera pas remise à la Tunisie, selon un délibéré rendu par la cour d'appel de Paris, compétente en matière d'extradition.
Les autorités tunisiennes accusaient principalement d'infractions financières Halima Ben Ali, interpellée dans un aéroport parisien à l'automne 2025.
Lors des débats sur la demande d'extradition vers la Tunisie, son avocate, Me Samia Maktouf, avait assuré que renvoyer sa cliente en Tunisie reviendrait à une "condamnation à mort".
"Cette décision est un immense soulagement, la justice est passée et nous ne pouvons qu'être satisfaits que la justice prenne une décision conforme au droit", a déclaré à l'AFP son avocate à l'issue de ce délibéré mercredi. Halima Ben Ali, présente, s'est refusée à toute déclaration.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, compétente en la matière, a justifié sa décision, entre autres, par l'absence de réponse de la Tunisie sur les demandes de la justice française en termes d'indépendance et d'impartialité des autorités tunisiennes.
Halima Ben Ali désormais libre de ses mouvements
La justice française constate aussi une absence de réponse à ses demandes à la Tunisie concernant les conditions de détention qui auraient été réservées à Halima Ben Ali et aux recours à sa disposition en cas de mauvais traitements.
La cour d'appel a également levé le contrôle judiciaire d'Halima Ben Ali, désormais libre de ses mouvements.
Les infractions financières imputées par la Tunisie pouvaient lui valoir jusqu'à 20 ans d'emprisonnement. Il était notamment question de blanchiment de capitaux provenant des fonds liés à l'exercice du pouvoir de son père.
Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères ont déploré une régression des droits et libertés depuis 2021.
Halima Ben Ali, qui vivait et travaillait à Dubaï, allait prendre l'avion pour rentrer chez elle après un séjour parisien lorsqu'elle avait été interpellée dans un aéroport parisien.
Le 14 janvier 2011, Zine el-Abidine Ben Ali avait fui son pays après 23 ans au pouvoir, à l'issue d'une révolte populaire déclenchée par l'immolation en décembre 2010 d'un vendeur ambulant de Sidi Bouzid excédé par la pauvreté et les humiliations policières.
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Il était parti accompagné de sa seconde épouse, Leila Trabelsi, l'une des personnalités les plus honnies de Tunisie, leur fille Halima et leur fils Mohamed Zine el-Abidine. L'ancien autocrate, mort en 2019, a passé les huit dernières années de sa vie en exil en Arabie saoudite.
Avec AFP
