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Mort d'"El Mencho" : les Français au Mexique appelés à "la plus grande prudence"
Le ministère français des Affaires étrangères a exhorté, lundi, les Français au Mexique à "la plus grande prudence" et à "rester confinés", après la vague de violences déclenchée dans le pays après la mort d'"El Mencho", abattu lors d'une opération militaire. Washington a également appelé ses ressortissants à "se mettre à l'abri jusqu'à nouvel ordre".
Un soldat surveille un véhicule calciné après qu'il a été incendié à Cointzio, dans l'État de Michoacán, au Mexique, le 22 février 2026, après la mort du chef du cartel de Jalisco Nouvelle Génération, "El Mencho". © Armando Solís, AP

Le Mexique s'embrase, et la France appelle ses ressortissants à rester confinés. En réaction à l'opération militaire qui a conduit à la mort d'"El Mencho", chef du CJNG, l'un des plus gros cartels de la drogue, des membres présumés de l'organisation ont déclenché, dimanche 22 février, une vague de violence dans 20 États du pays.

"Des opérations de sécurité sont actuellement en cours dans l’État du Jalisco (notamment Guadalajara, Puerto Vallarta et Tapalpa). Des affrontements armés, des barrages routiers et des incendies de véhicules ont également été signalés", précise sur son site le ministère français des Affaires étrangères. "Il est demandé aux ressortissants français, résidents ou de passage, se trouvant dans cet État de faire preuve de la plus grande prudence et de rester confinés pendant la durée de ces opérations."

Mettant en garde concernant des incidents dans les États du Michoacan, Guanajuato, Nayarit, Colima, Aguascalientes et Tamaulipas, le quai d'Orsay appelle les Français sur place à "se mettre à l’abri et limiter tout déplacement non essentiel", et à "informer régulièrement [leurs] proches de [leur] localisation et de [leur] situation".

Les États-Unis ont eux aussi appelé leurs concitoyens présents dans plusieurs zones du Mexique, dont des villes et régions touristiques comme Cancun, Guadalajara et Oaxaca, à "se mettre à l'abri jusqu'à nouvel ordre".

Des compagnies aériennes nord-américaines ont annulé des dizaines de vols vers plusieurs villes mexicaines.

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Individus armés, camions incendiés, véhiculés calcinés

Au moins huit des 32 États mexicains ont suspendu, lundi, les cours en présentiel et le pouvoir judiciaire a autorisé les juges à maintenir les tribunaux fermés lorsqu'ils l'estiment nécessaire, tandis que la présidente Claudia Sheinbaum a appelé au calme.

Tué à l'âge de 59 ans, Nemesio Oseguera, alias El Mencho, était considéré comme le dernier des grands parrains depuis l'arrestation des fondateurs du cartel de Sinaloa, Joaquín Guzmán "El Chapo" et Ismael "Mayo" Zambada, incarcérés aux États-Unis.

À la tête du puissant cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), il était l'un des barons de la drogue les plus recherchés par le Mexique et les États-Unis, qui offraient jusqu'à 15 millions de dollars pour sa capture.

Des individus armés ont bloqué plusieurs routes de l'État de Jalisco (ouest) avec des voitures et des camions incendiés, où l'on pouvait voir la nuit des restes de véhicules calcinés et d'autres encore en flammes.

"Des individus armés sont arrivés, j'ai vu le pistolet et ils nous ont dit de sortir, nous sommes sortis et ils avaient une voiture avec les portes ouvertes. J'ai pensé qu'ils allaient nous kidnapper, j'ai couru vers un stand de tacos" pour m'y réfugier, explique à l'AFP Maria Medina, employée d'un magasin de proximité incendié à Guadalajara, capitale de Jalisco.

Après un appel lancé à la population pour qu'elle se mette à l'abri, la ville – qui doit accueillir quatre matches de la Coupe du monde de football 2026 – s'est retrouvée paralysée.

Avec AFP