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Après la Turquie, le pape Léon XIV attendu au Liban avec un message de paix
Le pape Léon XIV est attendu dimanche au Liban, éprouvé par une crise endémique et en proie aux incertitudes. Le souverain pontife doit y porter un message de paix après une visite de plusieurs jours en Turquie marquée par le dialogue pour l'unité des chrétiens.
Le pape Léon XIV et le patriarche arménien de Constantinople, l'archevêque Sahag II Mashalian, quittent la cathédrale apostolique arménienne d'Istanbul, le 30 novembre 2025. © Dilara Acikgoz, AP

Après la Turquie, le Liban. Le pape Léon XIV est attendu, dimanche 30 novembre, dans un pays éprouvé par une crise endémique et en proie aux incertitudes, où il doit porter un message de paix.

Le souverain pontife est attendu à 15 h 45 (13 h 45 GMT) à l'aéroport de Beyrouth, pour une visite jusqu'à mardi dans le pays multiconfessionnel de 5,8 millions d'habitants.

Longtemps érigé en modèle de coexistence, le Liban est englué depuis 2019 dans une crise dévastatrice : effondrement monétaire, appauvrissement généralisé, services publics défaillants, explosion du port de Beyrouth en 2020, ou encore guerre avec Israël.

En dépit du rôle politique important que jouent les chrétiens au Liban, seul État arabe où le poste de président de la République est réservé à cette communauté, ces derniers ont vu leur nombre diminuer au cours des dernières décennies, notamment en raison de l'émigration des jeunes.

Léon XIV, premier pape à visiter le pays depuis Benoît XVI en 2012, sera reçu dans l'après-midi par le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri, avant de prononcer un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique à 18 h (16 h GMT).

Le "modèle multiconfessionnel" du Liban "est aujourd'hui extrêmement fragilisé"

Samedi, le mouvement pro-iranien Hezbollah a exhorté le pape à rejeter "l'injustice et l'agression" d'Israël contre le Liban, après avoir essuyé le 23 novembre une frappe israélienne qui a tué son chef militaire.

Malgré le cessez-le-feu intervenu il y a un an, l'armée israélienne a intensifié ces dernières semaines ses frappes au Liban, en majorité dans le sud, disant vouloir empêcher le Hezbollah de se réarmer.

"Le choix du Liban est un choix courageux", a déclaré Mgr Hugues de Woillemont, président de l'Oeuvre d'Orient, une organisation catholique qui vient en aide aux chrétiens d'Orient.

"Le modèle multiconfessionnel du Liban est aujourd'hui extrêmement fragilisé par des logiques d'affrontement, même si le pays a aujourd'hui à sa tête un président et un Premier ministre qui travaillent ensemble", a-t-il ajouté.

Le Liban a déclaré deux jours fériés pour la visite et d'importantes mesures de sécurité ont été mises en place, avec des routes fermées, l'interdiction de drones et l'évacuation de larges portions du centre-ville lundi soir, avant la messe. 

Assaad El Hage, avocat de 54 ans, compte ainsi assister à la messe en plein air prévue mardi sur le front de mer de Beyrouth avec environ 120 000 personnes, comme il l'avait fait lors de la visite de Jean-Paul II en 1997. 

"Le Liban est un pays où se côtoient toutes les communautés. Cette diversité a engendré des difficultés, mais elle fait aussi sa singularité, car chacun peut s'exprimer librement au Liban", a-t-il confié à l'AFP.

Prière à la cathédrale arménienne d'Istanbul

Léon XIV va s'envoler pour Beyrouth à bord d'un A320 de la compagnie italienne ITA qui a été réparé samedi en raison d'un logiciel de commandes vulnérable, comme des milliers d'autres dans le monde.

Auparavant, il va clôturer sa visite en Turquie, la première dans un pays étranger depuis son élection en mai, par une prière à la cathédrale arménienne d'Istanbul et un discours à la cathédrale orthodoxe Saint-Georges.

Léon XIV est notamment attendu sur la manière dont il va évoquer la question très sensible du génocide arménien, alors qu'Ankara réfute avec virulence cette appellation pour les massacres de 1915-1916 sous l'empire ottoman.

Ari Haddeler, rédacteur en chef du Marmara, l'un des plus anciens journaux arméniens d'Istanbul, souhaite "que cette visite ait un impact significatif sur le renforcement des relations interreligieuses, la compréhension et la tolérance". 

"Je pense et j'espère que les autres religions en Turquie, en particulier le christianisme, tel que représenté par le pape, seront mieux compris, et peut-être que toute antipathie envers elles diminuera et disparaîtra", a-t-il confié à l'AFP.

En Turquie, Léon XIV a reçu un accueil chaleureux de la part de la petite communauté catholique, mais sa visite est restée discrète, notamment en raison d'un lourd dispositif de sécurité qui a empêché tout contact avec l'extérieur.

Avec AFP