
Le président américain, Donald Trump, serre la main du président russe, Vladimir Poutine, lors d'une conférence de presse commune en Alaska, le 15 août 2025. © Jae C. Hong, AP
La perspective semble s'éloigner de plus en plus. Le président américain, Donald Trump, n'a pas l'intention de rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine dans l'immédiat, a déclaré mardi 21 octobre, un responsable américain, quelques jours après que Donald Trump a dit qu'ils se rencontreraient dans les deux semaines à venir à Budapest.
"Il n'est pas prévu que le président Trump rencontre le président Poutine dans un avenir proche", a déclaré ce responsable sous le couvert de l'anonymat.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, s'est entretenu lundi par téléphone avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, après que Donald Trump eut déclaré que les deux hauts diplomates se rencontreraient cette semaine pour organiser un sommet à Budapest.
"Une rencontre supplémentaire en personne entre le secrétaire d'État et le ministre des Affaires étrangères n'est pas nécessaire, et il n'est pas prévu que le président Trump rencontre le président Poutine dans un avenir proche", a déclaré ce responsable du gouvernement américain.
Il a toutefois qualifié l'appel entre Marco Rubio et Sergueï Lavrov de "productif".
La Russie a de son côté minimisé, mardi, les chances qu'un sommet entre Vladimir Poutine et Donald Trump se tienne rapidement, soulignant qu'"aucun délai précis" n'était fixé pour cette rencontre.
Ce sommet à Budapest a été pour la première fois évoqué entre Vladimir Poutine et Donald Trump le 16 octobre.
En rendant compte de son échange "très productif" ce jour-là avec son homologue russe, Donald Trump avait indiqué que la rencontre aurait lieu "dans les deux prochaines semaines", soit avant le mois de novembre.
Vendredi, lors de sa visite à Washington, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, n'était pas parvenu à convaincre Donald Trump de fournir à l'Ukraine des missiles de croisière américains Tomahawk, au lendemain d'un long appel de celui-ci avec Vladimir Poutine.
Donald Trump presse les belligérants à cesser les hostilités, encourageant l'Ukraine et la Russie à "s'arrêter immédiatement à la ligne de front" actuelle.
Trump fait pression pour que l'Ukraine cède le Donbass
Selon ce qu'a déclaré mardi à l'AFP un haut responsable ukrainien, Donald Trump aurait fait pression sur Volodymyr Zelensky pour que l'Ukraine cède la région orientale du Donbass afin de mettre fin à la guerre déclenchée par la Russie, lors de leur rencontre vendredi à Washington.
Ce responsable, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a expliqué que le président américain avait exhorté son homologue ukrainien à retirer ses troupes des territoires qu'elles contrôlent encore, l'une des principales exigences du président russe, Vladimir Poutine.
La rencontre vendredi a été "tendue et difficile", a-t-il ajouté, soulignant que la diplomatie de Donald Trump sur ce dossier donnait à Kiev l'impression de "tourner en rond".
Le président Zelensky a rencontré son homologue américain à la Maison Blanche la semaine dernière, espérant tirer parti de la frustration croissante du dirigeant américain face à la réticence du président russe à accepter un cessez-le-feu.
Mais il est reparti les mains vides après que Trump, qui s'était entretenu avec Vladimir Poutine la veille, a rejeté sa demande de missiles Tomahawk à longue portée et l'ait incité à conclure un accord.
Lorsqu'on lui a demandé si Trump avait exhorté Zelensky à se retirer des territoires encore contrôlés par l'Ukraine, l'une des principales exigences de Poutine, le responsable ukrainien a répondu à l'AFP : "Oui, c'est vrai".
À la suite de sa rencontre avec Volodymr Zelensky, Donald Trump a déclaré sur les réseaux sociaux que leurs discussions avaient été "très intéressantes et cordiales, mais je lui ai dit, comme je l'avais également fortement suggéré au président Poutine, qu'il était temps d'arrêter les tueries et de conclure un ACCORD !"
Le président Trump s'était vanté de pouvoir mettre fin à l'invasion russe, qui dure depuis trois ans et demi, dans les "24 heures" suivant son investiture en janvier, mais il n'a réussi à obtenir aucune concession de la part de Vladimir Poutine.
Sa position sur la guerre a changé à plusieurs reprises à la suite de ses conversations avec les présidents russe et ukrainien.
La perspective d'une nouvelle réunion entre les présidents américain et russe inquiète les Européens, qui redoutent un accord conclu au détriment de l'Ukraine et de la sécurité de l'Europe toute entière.
Avec AFP
