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RéessayerLa famille royale britannique est pour une énième fois dans la tourmente. Quelques jours après que le prince a renoncé à son titre royal, paraissent en librairie, mardi 21 octobre, les mémoires de Virginia Giuffre, l'Américaine qui l'a accusé d'agressions sexuelles dans le cadre de l'affaire Epstein. "Nobody’s Girl" est publié à titre posthume, six mois après le suicide de la jeune femme, en avril dernier.
Elle y raconte avoir été utilisée comme esclave sexuelle par l'ancien financier et pédocriminel américain Jeffrey Epstein et avoir eu des relations sexuelles avec le prince Andrew à trois reprises, dont une quand elle avait 17 ans. "(Andrew) croyait que coucher avec moi était son droit" du fait de son statut, raconte-t-elle, disant avoir été présentée au prince en mars 2001 lorsqu'elle était à Londres chez Ghislaine Maxwell, la complice de Jeffrey Epstein.
Bien que le prince ait été mis à l'écart par la famille royale en 2019, le scandale n'a cessé de l'entourer depuis. Sous la pression de son frère le roi Charles III, il a annoncé vendredi renoncer à utiliser son titre de duc d'York, après la publication des premiers extraits des mémoires de Virginia Giuffre.
"Il sera terriblement gâté"
Né en 1960 au palais de Buckingham, 12 ans après son aîné Charles, il est le troisième enfant et deuxième fils de la reine Elisabeth II. Comme l'explique The Telegraph, après la naissance de son fils, la monarque aurait envoyé à sa cousine un mot disant : "Le bébé est adorable… En fin de compte, il sera terriblement gâté par nous tous, j'en suis sûre".

Dans la série "The Crown", retraçant le parcours d'Elisabeth II, le prince Andrew apparaît comme le fils préféré. Une relation qui s'est nouée dès ses premières années. Interrogé par CNN, Richard Fitzwilliams, un commentateur royal, estime ainsi que "lorsque le prince Charles et la princesse Anne sont nés, la reine n'a pas pu passer avec eux le temps qu'elle aurait souhaité". À la naissance d'Andrew, la reine régnait déjà depuis plusieurs années. "Elle a pu lui accorder plus d'attention et elle avait une affinité particulière avec Andrew", ajoute ce spécialiste.
Comme ses frères et sa sœur, Andrew a été éduqué par une gouvernante, puis il a rejoint la Gordonstoun School dans le nord de l'Écosse, mais contrairement à Charles, il a suivi un chemin différent. Au lieu de fréquenter l'université, il s'est engagé dans la Royal Navy en 1979. Sa vocation militaire le rend extrêmement populaire. Devenu béret vert, il sert pendant la guerre des Malouines en 1982 à bord d'un porte-avion, alors qu'il n'a que 22 ans, comme pilote d'hélicoptère. Il participe à des missions de lutte anti-sous-marine, d'évacuation de blessés ou encore de sauvetage aérien. "Il est devenu le héros national. Maman était très contente, papa était très content et Charles tirait un peu la tronche car c’est son petit frère qui prenait la lumière", a résumé auprès de la RTBF Patrick Weber, spécialiste de la royauté.

Le prince playboy
À la fin du conflit, il continue de servir sous l'uniforme. Promu au grade lieutenant, il est nommé aide de camp personnel par sa mère. À la même époque, il gagne le surnom de "Randy Andy" (Andy le chaud lapin) pour ses nombreuses conquêtes. Celui qui a été rétrogradé à la 4e place dans l'ordre de succession au trône après les naissances de William et Harry est vu dans de nombreuses soirées aux bras de jolies filles.
Mais en 1986, il se marie avec la pétillante Sarah "Fergie" Ferguson. Ils formaient "le couple phare de la fin des années 1980", souligne CNN. À l'époque, le New York Times parle même de "fièvre Fergie". Malgré la naissance de leurs deux filles Beatrice et Eugenie, l'union heureuse se fissure. L'absence répétée d'Andrew en raison de sa carrière militaire ainsi que l'attention médiatique portée sur Sarah, comparée en permanence à Lady Di, l'épouse de son frère Charles, provoque leur rupture. En 1992, ils annoncent leur séparation. Au même moment, un scandale éclate avec la publication de photos montrant la sulfureuse liaison entre Fergie et un millionnaire texan. Quatre ans plus tard, le divorce est prononcé.

Jusqu'en 2001, le prince occupe des fonctions dans la marine. Il devient ensuite le représentant spécial du Royaume-Uni pour le commerce et les investissements internationaux, parcourant le monde pour promouvoir les entreprises du pays. Il ne perçoit pas de salaire du ministère, mais ses frais sont payés. Il gagne alors un autre surnom celui de "Air Miles Andy" en raison de son style de vie de jet-setteur. Il apparaît dans des soirées au bras de la mannequin Heidi Klum ou d'une pin-up "Playboy", selon The Guardian. "En 2010, le Prince a dépensé 714 000 euros en tant qu'envoyé commercial, dont 178 000 euros en hôtels, restauration et hospitalité, et 536 000 euros en voyages", a également raconté The Daily Telegraph.
S'il a été critiqué pour avoir combiné affaires et plaisir lors de ses voyages à l'étranger, son jugement a aussi "été remis en question pour avoir tenu des réunions avec le fils de l'ancien dirigeant libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, Saïf, et pour avoir reçu le gendre de l'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali au palais de Buckingham", d'après la BBC.

Le scandale Epstein
C'est à cette époque qu'il fait la rencontre de Jeffrey Epstein par l'entremise de la compagne de ce dernier, la britannique Ghislaine Maxwell. Ses liens avec l'homme d'affaires, condamné en 2008 à 18 mois de prison pour incitation à la prostitution de mineures, éclatent au grand jour en 2010. Une photo du duc d'York aux côtés de Jeffrey Epstein lors d'une balade à Central Park fait la une du tabloïd News of the world avec le titre "Prince Andy et le pédophile".
Ce cliché entache sa réputation. Le prince est contraint de quitter son poste de représentation spécial du Royaume-Uni. Mais le scandale éclate véritablement en 2015 lorsqu'il est cité dans une plainte au civil contre Jeffrey Epstein par une femme identifiée plus tard comme Virginia Giuffre. Cette dernière affirme avoir reçu l'ordre de l'homme d'affaires d'avoir des relations sexuelles avec le prince Andrew à trois reprises alors qu'elle avait 17 ans.

Le membre de la famille royale nie tout lien avec elle, bien que des photos et une vidéo indiquent clairement le contraire. En 2019, Jeffrey Epstein est de nouveau arrêté et inculpé pour "exploitation sexuelle et conspiration liée à une exploitation sexuelle". Alors qu’il risque 45 ans d’emprisonnement, il se suicide en prison. Le prince Andrew ne peut plus garder le silence sur ce scandale.
Quelques mois plus tard, il donne une interview calamiteuse à la BBC au cours de laquelle il affirme ne pas regretter son amitié avec l'homme d'affaires. "Je peux catégoriquement, absolument vous dire que ce n'est pas arrivé", déclare-t-il également au sujet d'une possible rencontre avec Virginia Giuffre. Lors de l'entretien, le prince ne semble pas saisir la gravité de la situation.
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Accepter Gérer mes choixCe naufrage médiatique provoque un raz-de-marée. Quelques jours plus tard, Buckingham Palace annonce qu'il se retire de ses engagements publics. Les 200 associations qui étaient sous son patronage sont réparties entre son frère, le prince de Galles, et son neveu le duc de Cambridge. Deux ans plus tard, Virginia Giuffre dépose officiellement plainte contre lui devant un tribunal de Manhattan. Il évite un procès à New York en versant des millions de dollars à la jeune femme.
Malgré cet accord, le scandale n'a pas été étouffé. Pour Andrew Lownie, l'auteur d'une biographie consacrée au prince et à son ex-épouse Sarah Ferguson parue en août, l'enfant chéri d'Elizabeth II pourrait même faire face à des poursuites judiciaires. "Je crois que si la police de Londres avait correctement enquêté sur ces allégations de trafic sexuel, il aurait déjà été inculpé (...)", a-t-il dit à l'AFP.
La police a annoncé dimanche enquêter sur une information de presse selon laquelle Andrew a chargé un officier de chercher des informations pour discréditer Virginia Giuffre. Dans son livre, l'Américaine affirme que le prince aurait tout fait pour salir son image.
Dans l'immédiat, plusieurs députés britanniques ont appelé à un débat au Parlement sur le retrait officiel des titres d'Andrew. Rachael Maskell, députée de la ville de York, a déposé une proposition de loi visant à permettre au roi ou à une commission parlementaire de l'en priver. Cette élue indépendante entend adresser cette semaine un courrier aux ministres pour les inciter à soutenir ce texte.

Un train de vie fastueux
Les derniers développements remettent aussi au centre de l'attention le train de vie et la situation financière d'Andrew : dans son édition de mardi, le Times révèle que le prince, qui vit dans une demeure royale de 30 pièces, Royal Lodge, n'aurait pas payé de loyer depuis 2003. Et que le bail court jusqu'en 2078. Cette propriété, située sur le domaine royale de Windsor, fait partie du Crown Estate, un organisme qui gère les biens immobiliers de la Couronne au profit du contribuable britannique.

Au total, Andrew se serait acquitté de la somme d'un million de livres (1,1 million d'euros) pour en acquérir le bail et aurait réalisé plus de 7,5 millions de livres (8,6 millions d'euros) de travaux. Mais depuis, le loyer s'est résumé à une somme symbolique, selon le contrat dont le journal a obtenu copie. Le Times s'interroge sur les sources de revenus du prince, qui a été privé par son frère Charles III d'une allocation annuelle de plus d'un million de livres (1,2 million d'euros), alors que le coût de sa sécurité, que le roi ne paye plus, est estimée à 3 millions de livres (3,6 millions d'euros) par an.
La presse britannique a rapporté ces derniers mois que le roi Charles avait tenté de convaincre son frère de renoncer à cette propriété, pour une autre, plus modeste, sur le domaine. En vain. En attendant, le site internet de la famille royale a actualisé le statut du prince Andrew, en enlevant son titre de duc de York.
Avec AP et AFP
