
Des déplacés palestiniens fuyant le nord de la bande de Gza en direction du sud du terrtoire roulent à bord d'un camion chargé d'effets personnels sur la route côtière du camp de Nousseirat, le 30 août 2025. © Eyad Baba, AFP
Un projet "non seulement irréalisable, mais aussi incompréhensible. La Croix-Rouge a mis en garde samedi 30 août contre une évacuation massive de la population de Gaza-ville, à l'heure où Israël durcit le siège de l'agglomération en vue d'une offensive annoncée comme majeure contre le Hamas palestinien.
"Il est impossible que l'évacuation massive de la ville de Gaza puisse être menée à bien de manière sûre et digne dans les conditions actuelles", a déclaré la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric.
Un tel projet est "non seulement irréalisable, mais aussi incompréhensible" si Israël entend respecter les principes du droit international humanitaire, a-t-elle estimé.
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Accepter Gérer mes choixDes milliers d'habitants ont déjà fui la ville, située dans le nord du territoire, où vivent près d'un million de personnes selon les estimations de l'ONU.
"Aucune zone en mesure d'absorber" l'évacuation
Après bientôt 23 mois d'une guerre ayant dévasté la bande de Gaza, l'évacuation de Gaza-ville "entraînerait un déplacement massif de population qu'aucune zone de la bande de Gaza ne serait en mesure d'absorber", a averti Mirjana Spoljaric.
Malgré des pressions croissantes, tant à l'étranger qu'en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu affirme vouloir poursuivre l'offensive dans la bande de Gaza et l'ordre a été donné à l'armée de préparer un assaut généralisé sur Gaza-ville.
Pour Benjamin Netanyahu et ses alliés d'extrême droite, il s'agit d'en finir avec le Hamas, le mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre le 7 octobre 2023, et de ramener tous les otages enlevés ce jour-là.

Pour l'armée israélienne, qui a déclaré officiellement vendredi Gaza-ville "zone de combat", en prélude à son offensive, l'évacuation de l'agglomération est "inévitable".
Sur le terrain, les opérations militaires israéliennes se sont encore intensifiées samedi à la périphérie de l'agglomération.
Un journaliste collaborant avec l'AFP se trouvant à la lisière nord de Gaza-ville et de la ville de Jabalia a indiqué se trouver désormais à la limite de la zone que l'armée a ordonné d'évacuer. Les bombardements se rapprochent et l'on entend clairement tirs et explosions, a-t-il ajouté.
"Bombardements insensés"
La Défense civile de la bande de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas depuis la prise du pouvoir du mouvement dans ce territoire en 2007, a fait état de frappes israéliennes intenses sur les quartiers de Sabra (centre) et Zeitoun (sud-est) et une "escalade" dans le quartier de Cheikh Radouane (nord).

"Les bombardements [de cette nuit] étaient insensés, ils n'ont pas cessé une seconde, et nous n'avons pas dormi", a déclaré Abou Mohammad Kishko, joint par téléphone alors qu'il dit se trouver dans le nord de Zeitoun.
"Nous ne pouvions pas non plus respirer correctement à cause des bombes fumigènes, nous suffoquions [...] Nous sommes piégés dans nos maisons", ajoute cet homme de 42 ans qui, comme tant d'autres habitants, n'a pas obtempéré aux ordres d'évacuation israéliens parce qu'"il n'y a aucun endroit sûr [dans la bande de Gaza], et nous n'avons nulle part où aller".
"Toute la nuit, les bombardements et les explosions n'ont pas cessé, et mes enfants n'ont pas pu dormir", a témoigné Mariam Yassine, jointe à Cheikh Radouane.

"Mon mari est parti il y a quelques jours chercher un endroit pour nous, mais il n’a rien trouvé, et nous ne savons pas quoi faire", a ajouté cette femme de 38 ans : "À Gaza, nous vivons une tragédie quotidienne et c'est comme si le monde ne nous entendait pas et ne nous voyait pas."
Interrogée par l'AFP sur ses opérations militaires, l'armée israélienne, dont des hommes mènent des opérations au sol dans Zeitoun depuis plusieurs jours, a simplement indiqué que deux de ses soldats avaient été blessés par un engin explosif "dans le nord de la bande de Gaza".
Avec AFP