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À la une de la presse, ce lundi 28 novembre : la multiplication des manifestations, en Chine, contre la politique de "zéro-Covid" imposée par le gouvernement ; la victoire du Maroc sur la Belgique, en phase de pool de la Coupe du monde de football ; et un arrêt pas banal de la Cour de cassation en France.

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À la une de la presse : la multiplication des manifestations, en Chine, contre la politique de "zéro-Covid" imposée par le gouvernement.

Pour avoir une idée de ce qui se passe en ce moment dans le pays, inutile de consulter la presse officielle, qui passe totalement sous silence ces manifestations. The Global Times préfère revenir sur la défaite, hier à Taïwan, aux élections locales, du parti démocrate-progressiste, fermement opposé à une annexion chinoise et dirigé, jusque-là, par la présidente de Taïwan, Tsai Ing-Wen, bête noire du régime chinois. Sans surprise, le quotidien se félicite de ce que sa campagne centrée sur la défense de Taïwan face à Pékin ait échoué, les électeurs étant davantage préoccupés par leur niveau de vie, selon le journal.

The China Daily, autre quotidien officiel chinois, chante, lui, les louanges de la méga station photovoltaïque, construite par une entreprise chinoise, et qui alimente actuellement les installations du Mondial au Qatar – une installation qui rend "plus verte" cette Coupe du monde de football. Si lui non plus ne dit pas un mot des protestations, le journal fait état, cependant, en pages intérieures, des difficultés pour endiguer l’épidémie à Pékin. Le journal, sur la défensive, tente de faire preuve, de pédagogie, en expliquant pourquoi le choix de la politique "zéro Covid" est le bon, en assurant que cette politique interdit "strictement" que soient imposées des "restrictions arbitraires" telles que la fermeture des écoles, l'arrêt de la production ou encore les confinements prolongés. The China Daily assure, par ailleurs, que la mort de 10 personnes dans un incendie à Urumqi, dans le Xinjiang, n’a pas été provoquée par le confinement très strict imposé par les autorités.

Passées sous silence en Chine, ces manifestations sont en revanche scrutées de très près par la presse internationale. The Financial Times, qui montre des manifestants rassemblés hier à Pékin, brandissant des feuilles blanches, relève que les images des protestataires "circulent plus rapidement que les censeurs ne peuvent les arrêter". S’agissant des rassemblements à Urumqi, le quotidien britannique précise que "la sévérité du confinement au Xinjiang, où des habitants sont morts de faim chez eux, est (certes) une conséquence des politiques autoritaires subies par la minorité ouïghour", mais que ces rassemblements comptaient aussi de nombreux Chinois de la majorité Han.

Plus largement, The Financial Times juge les manifestations de ces derniers jours "inédites", parce qu’elles rassemblent des catégories sociales très larges – des ouvriers, des commerçants, des étudiants, mais aussi des membres de l’élite urbaine. Des rassemblements sans précédent depuis les manifestations de Tien an Men de 1989, parce qu’ils "enfreignent, également, les règles auxquelles les Chinois se conforment habituellement pour préserver leur sécurité : se concentrer sur des problèmes bien spécifiques, et critiquer les dirigeants locaux, plutôt que le gouvernement central". Directement interpellé par les manifestants, celui-ci refuse de faire des concessions claires – et il est peu probable qu’il le fera à l’avenir, de peur que les gens n’en concluent que les manifestations fonctionnent, d’après le South China Morning Post, le quotidien anglophone de Hong-Kong, qui rappelle qu’une bonne partie de la population chinoise soutient toujours les mesures sanitaires, jugées nécessaires.

The Guardian estime quant à lui "peu probable que Xi Jinping tolère encore longtemps" ces manifestations, qu’il considère probablement comme un défi non seulement à sa stratégie "zéro-Covid", mais aussi à "l'idéologie communiste et à son autorité". Le quotidien britannique cite un discours de Xi Jinping en 2013, quelques mois seulement après sa nomination au poste de secrétaire général du PCC, où il insistait sur "l'importance primordiale de protéger la suprématie idéologique", et qui affirmait qu'"une fois les défenses idéologiques brisées, les autres défenses deviennent très difficiles à tenir".

Le président chinois se retrouve aussi dans le collimateur des dessinateurs de presse. Dans le dessin de Morten Morland pour The Times, on le voit en tenue de protection anti-Covid, brûlé par les flammes, par la colère du dragon chinois. Dans celui de Blower, pour The Daily Telegraph, il apparaît dans le costume de Mao Zedong, tenant dans ses mains son propre petit livre rouge, tandis que la police matraque les manifestants, survolés par des drones de surveillance.

🗞 « Les as de l'Atlas » en une du journal L'Équipe du lundi 28 novembre

Lire l'édition > https://t.co/sG3R15XziW pic.twitter.com/5NchoK5l37

— L'ÉQUIPE (@lequipe) November 28, 2022

Beaucoup de football à la une, également, ce matin, Coupe du monde oblige. Nous ne pourrons pas revenir sur l’ensemble des résultats de ce week-end, alors retenons arbitrairement la belle Une de L’Équipe consacrée à la victoire du Maroc sur la Belgique. Les lions de l’Atlas, alias les "As de l’Atlas", l’ont emporté 2 à 0 face aux Diables rouges. C’est la première fois qu’une sélection africaine bat la Belgique. Une première hélas entachée par des débordements dans les rues de Bruxelles, où près de 200 "casseurs" s’en sont pris à des véhicules, au mobilier urbain et aux forces de l’ordre. "La tristesse et la honte", regrette le quotidien belge Le Soir.

Avant de se quitter, jetons un cil au Washington Post qui fait état d’une décision de justice pas banale, ici en France : un arrêt rendu par la Cour de cassation, au début de ce mois, à l’encontre d’une société de conseils, pour des faits remontant à 2015. Cet arrêt statuait que, non, on ne peut pas licencier un salarié pour insuffisance professionnelle, car il a refusé de s’alcooliser lors de pots de fin de semaine et d’intégrer ainsi la valeur "fun et pro" de son entreprise. Non, passer ses soirées à noyer son stress dans l’alcool avec ses collègues n’a jamais été ni "pro" ni "fun".

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