
Au moins 41 personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées dans un attentat-suicide, vendredi, dans une mosquée chiite de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan. Deux explosions ont touché la mosquée Imam Bargah, située dans le centre de la ville, au moment de la grande prière hebdomadaire.
Au moins 41 personnes ont été tuées dans un attentat-suicide, vendredi 15 octobre, dans une mosquée chiite de la ville de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, une semaine après un attentat sanglant dans les mêmes circonstances à Kunduz, dans le nord-est, revendiqué par l'organisation État islamique.
Dans un communiqué publié sur les chaînes Telegram de l'organisation jihadiste, celle-ci affirme que deux kamikazes ont mené des attaques distinctes à l'intérieur de la mosquée chiite de Kandahar, lors de la prière du vendredi.
"Le premier kamikaze a fait exploser sa veste explosive (...) dans un couloir de la mosquée, tandis que le second kamikaze a fait exploser sa veste explosive au centre de la mosquée", précise le communiqué.
Les explosions ont touché la mosquée Fatemieh, également connue sous le nom de mosquée Imam Bargah, dans le centre de Kandahar, la deuxième plus grande ville du pays, au moment de la grande prière hebdomadaire du vendredi, a constaté un journaliste de l'AFP.
Un témoin, ayant requis l'anonymat, a raconté à l'AFP avoir entendu trois explosions, une à la porte principale de la mosquée, une autre dans sa partie sud et la dernière là où les croyants viennent faire leurs ablutions.
Une quinzaine d'ambulances se sont rendues sur place, alors que les forces de sécurité talibanes ont été déployées aux abords du site, dont l'accès restait bloqué, a constaté le journaliste de l'AFP.
De premières images de l'intérieur de la mosquée, ne pouvant être authentifiées dans l'immédiat, montraient des corps ensanglantés étendus sur le sol de la mosquée.
BREAKING - Suicide bombing targeted a Shia mosque in southern Kandahar province of Afghanistan, during Friday prayers, killing & injuring numerous civilians. This is second attack against Shia in one week. Last Friday, similar attack targeted a Shia mosque in Kunduz. #Afghanistan pic.twitter.com/JszaFlQ0XR
— Habib Khan (@HabibKhanT) October 15, 2021Ces explosions surviennent exactement une semaine après un attentat-suicide contre une mosquée chiite de Kunduz (nord-est), revendiqué par l'EI et qui a fait plusieurs dizaines de victimes.
"Hérétique"
"Nous sommes attristés d'apprendre qu'une explosion a eu lieu dans une mosquée de la confrérie chiite (...) de la ville de Kandahar, dans laquelle un certain nombre de nos compatriotes ont été tués et blessés", a tweeté le porte-parole taliban du ministère de l'Intérieur, Qari Sayed Khosti.
"Des forces spéciales de l'Émirat islamique sont arrivées dans la zone pour déterminer la nature de l'incident et traduire les auteurs en justice", a-t-il ajouté.
Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les Taliban, qui font du retour de la sécurité dans le pays après vingt ans de guerre leur priorité, sont confrontés à une vague d'attentats sanglants, menés par l'organisation État islamique.
Sa branche locale, l'État islamique-Khorasan (EI-K), a ciblé ces dernières semaines les Taliban et la minorité chiite afghane.
Vendredi dernier, à Kunduz, à la même heure, un kamikaze a déclenché un gilet explosif dans la foule lors de la grande prière du vendredi à la mosquée chiite de Gozar-e-Sayed, tuant au moins une quarantaine de fidèles. L'attentat de Kunduz est l'attaque la plus meurtrière depuis le départ des troupes américaines du pays le 30 août.
L'EI-K, groupe sunnite rival des Taliban et qui se présente comme le seul garant d'une vision aboutie de l'islam, a ciblé à de très nombreuses reprises ces dernières années la minorité chiite, considérée comme "hérétique".
Les Taliban eux-mêmes s'en sont souvent pris dans le passé aux chiites afghans, membres de la communauté hazara, qui représente entre 10 et 20 % de la population afghane (environ 40 millions d'habitants).
Mais depuis leur arrivée au pouvoir, ils se sont dit déterminés à en garantir la sécurité. Samedi, au lendemain de l'attaque, les autorités talibanes se sont engagées à renforcer la vigilance autour des mosquées chiites.
Le chef de la police de Kandahar a indiqué que des unités seraient affectées à leur protection. Les mosquées chiites étaient, jusqu'à présent, gardées par des volontaires ayant une autorisation spéciale pour porter des armes. "Malheureusement, ils n'ont pas pu protéger cette zone et à l'avenir, nous affecterons des gardes de sécurité spéciaux pour la protection des mosquées et des madrasas", a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur Twitter.
Avec AFP