
Dans la presse, ce lundi 9 mars, les tentatives de l’Union européenne pour trouver une solution à la crise migratoire ouverte par le président turc, qui dit ne plus vouloir respecter l’engagement conclu avec l’UE dans ce domaine. Une crise dans laquelle la Grèce, pays voisin de la Turquie, se retrouve en première ligne. La nouvelle purge lancée par le prince héritier en Arabie saoudite. Et des accusations de violences policières en France.
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Dans la presse, ce matin, les tentatives de l’Union européenne pour trouver une solution à la crise ouverte par la décision du président turc de ne plus respecter l’accord migratoire conclu en 2016.
Depuis que Recep Tayyip Erdogan a annoncé, à la fin du mois dernier, qu'il ne respecterait plus l’accord prévoyant que les migrants restent dans son pays en échange d'une aide financière européenne, des dizaines de milliers de migrants tentent ou ont tenté de passer la frontière entre la Turquie et la Grèce - une crise que le chef d’Etat turc doit aborder aujourd’hui lors d’une visite Bruxelles, tandis que le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, se rendra à Berlin, pour défendre sa position auprès de la chancelière Angela Merkel, selon Kathimerini. Le journal grec demande à ses partenaires européens de mettre un terme à l’ère des «menaces asymétriques» proférées selon lui par Ankara. De son côté, Recep Tayyip Erdogan, cité par le quotidien turc Daily Sabah, appelle la Grèce à ouvrir ses portes aux migrants, pour qu’ils puissent gagner d’autres pays de l’UE, à ne pas «fermer les yeux, je cite, aux souffrances des civils syriens (qui se pressent à ses portes), et en particulier à celles des femmes et des enfants, qui constituent la majorité des victimes de la brutale guerre civile en cours».
C’est dans ce contexte très tendu qu’a été incendié, samedi, un centre d'accueil pour réfugiés sur l'île grecque de Lesbos - un incendie qui n’a toutefois fait aucune victime, selon l'ONG suisse responsable de ce centre. Cet incendie, qui a en revanche sérieusement endommagé le centre, survient après que des habitants de l’île et des membres d’extrême-droite ont récemment protesté contre l'arrivée de plus de 1 700 migrants et réfugiés venus de Turquie, qui s'ajoutent aux quelque 38 000 personnes déjà entassées dans des camps. «Les Grecs disent stop»: d’après The New York Times, des habitants de Lesbos en colère ont décidé de former des patrouilles pour repousser les demandeurs d’asile arrivés de Turquie - des réfugiés dont fait partie l’homme en larmes que l’on aperçoit à la Une du journal. Le quotidien américain raconte que l’empathie manifestée par les habitants de l’île, qui avaient été sélectionnés en 2016 pour le prix Nobel de la paix, a tourné à l’hostilité. Comment faire face à l’afflux de migrants à la frontière greco-turque? Pour Jean Ziegler, auteur de «Lesbos, la honte de l’Europe», cité par le journal suisse Le Temps, «présenter le rejet des migrants qui cherchent à trouver refuge en Grèce comme la seule solution pour résister à la surenchère du président Erdogan est une aberration politique et un crime humanitaire», et «c’est par la mise en place d’un dispositif d’accueil digne de ce nom, conforme à ses valeurs, que l’UE s’imposera face à un pouvoir turc indigne. Accueillir et résister, c’est possible», soutient-il.
Dans la presse, également, la purge lancée en Arabie saoudite par le prince héritier Mohammed Ben Salman, qui a notamment fait arrêter en fin de semaine dernière son oncle Ahmed, le frère du roi Salman. Cette vague d’arrestations a aussi touché l’ancien ministre de l’Intérieur, le prince Mohammed Ben Nayef, deux autres princes, ainsi que plusieurs douzaines de responsables du ministère de l’Intérieur et des officiers de l’armée, d’après Middle East Eye, qui affirme que cette purge prouve que le prince héritier, dit «MBS», veut prendre les rênes du royaume avant le sommet du G20 prévu en Arabie saoudite en novembre prochain, sans attendre la mort de son père, le roi Salman. «Il veut être sûr de devenir roi pendant que son père est toujours vivant», assure une source anonyme au site arabophone, qui rapporte que plusieurs photos du roi Salman ont été publiées depuis ces arrestations, pour couper court aux rumeurs selon lesquelles la purge en cours aurait été liée à son décès. Des photos telles que celle que publiée ce matin à la Une du journal saoudien Arab News – qui montre toutefois le souverain très affaibli, recevant hier les nouveaux ambassadeurs d’Ukraine et d’Uruguay. D’après Le Figaro, «MBS assure par la force son accession au trône», en cherchant à se débarrasser du pouvoir de nuisance de son entourage, en particulier du prince Ahmed, qui n’avait pas hésité à critiquer la guerre au Yémen déclenchée par MBS, avant d’être exilé. Un exil auquel le roi Salman avait mis un terme en 2018, pour redorer l’image du royaume après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui a été attribué par les services de renseignement américains et turcs à Mohammed Ben Salman.
Un mot, pour terminer, des violences qui ont eu lieu samedi soir à Paris, la veille de la Journée internationale des droits des femmes. D’après le Huffington Post, des heurts ont émaillé une marche nocturne et pacifique, au cours de laquelle les manifestants ont été nassés et pour certains repoussés sans ménagement dans le métro. Et du gaz lacrymogène a également été utilisé. Les images, largement diffusées sur les réseaux sociaux, ont indigné une partie de la classe politique. Le site évoque «une séquence désastreuse pour l’image de la police, qui vaut de nombreuses critiques au déjà très controversé préfet de police de Paris, Didier Lallement».
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