
Alors que les États-Unis se refusent toujours à confirmer la mort de Baitullah Mehsud, les médias et les autorités pakistanaises considèrent qu'il est probable que le chef des Taliban ait été tué mercredi par un tir de missile.
REUTERS - Il est probable que le chef des taliban pakistanais, Baitullah Mehsud, ait été tué par un tir de missile mercredi avec sa femme et ses gardes du corps, a indiqué vendredi le ministre pakistanais de l'Intérieur.
Un agent de renseignement présent dans la région reculée du Sud-Waziristan affirme même que l'enterrement de Mehsud a déjà eu lieu. De leur côté, des médias pakistanais ont annoncé la mort de Mehsud en citant leurs propres Sources. "Il a été tué avec sa femme et a été enterré à Nargosey", a dit l'agent en évoquant un hameau situé à un Kilomètre du lieu de l'attaque, apparemment opérée par un drone américain.
A Washington, la Maison blanche a déclaré que les Etats-Unis n'étaient pas encore en mesure de confirmer avec certitude la disparition de Mehsud.
Des diplomates en poste à Islamabad soulignent que la mort de Mehsud représenterait un succès majeur pour le pakistan, mais ils doutent qu'elle facilite la tâche aux troupes occidentales qui combattent les taliban en Afghanistan. Son action visait surtout le gouvernement et les forces de sécurité du Pakistan.
"Nous pensons qu'il a été tué lors du tir de missile", a déclaré le ministre pakistanais de l'Intérieur, Rehman Malik. "Nous disposons de certaines informations (en ce sens) mais pas de la preuve matérielle pour le confirmer", a-t-il ajouté. Le chef de la diplomatique pakistanaise, Shah Mehmood Qureshi, a dit à peu près la même chose au micro de la radio BBC.
"Il est pratiquement certain aujourd'hui qu'il est mort. (...) C'est un développement important", a dit le ministre en prédisant une lutte de pouvoir interne pour la succession. Un haut responsable pakistanais avait déclaré auparavant que le tir de missile avait aussi causé la mort du frère de Mehsud et de sept gardes du corps en plus de celle de sa femme.
De son côté, un porte-parole des taliban afghans a déclaré que la disparition du chef de l'aile pakistanaise du mouvement islamiste, si elle était confirmée, n'affaiblirait pas sa cause en Afghanistan. "Le djihad des taliban contre les forces étrangères en Afghanistan ne sera pas affecté au cas où un dirigeant taliban pakistanais serait tué de l'autre côté de la ligne Durand", a dit ce porte-parole, Zabiullah Mujahid, par téléphone d'un lieu indéterminé. La "ligne Durand" désigne la frontière des deux pays et au nom du responsable britannique qui en avait établi le tracé à l'époque coloniale.